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Pensées matinales

Ce matin, en allant au bureau le temps ne m’a pas fait défaut. Du moins, je l’ai pris. La chaleur caniculaire de ces derniers jours écourtant mes nuits, et précipitant mes réveils ; sur le chemin du travail, ma montre m’indiquait que j’avais plus d’une demi-heure d’avance par rapport à d’habitude. Je décidai donc de prendre le temps, et de faire plusieurs haltes en chemin afin de te faire partager mes pensées. D’ailleurs, d’après les scientifiques, il semblerait que plus de 60000 pensées naissent et disparaissent dans notre cerveau chaque jour. C’est dire si nous pensons.

C’est ainsi que je m’arrêtai devant la place de la libération, celle qui jouxte le Palais de Justice. Celle que je ne vois plus à force de la voir. Je me remémorai alors le temps où je rêvais d’enfiler la robe d’avocate. Plaider en faveur des opprimés, soutenir les droits de ceux qui n’ont pas de voix, .. : je voyais en cette profession l’art de mettre à profit mon humanité. Mais, très vite, l’envers du décor m’avait découragé. Le fait de potentiellement défendre l’indéfendable m’avait totalement dissuadé d’envisager de prêter serment. Ma probité, mon intégrité ne me l’auraient pas permis. Il est bien évident cependant qu’enfiler la robe ne veut pas dire renoncer à ces principes.

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Place de la libération, Pau – Crédits photo Sana

Puis, en continuant mon chemin, j’ai croisé des agents municipaux en train d’installer une scène en vue de la fête de la musique. Je me suis alors dit qu’il serait temps de concrétiser ce petit rêve longtemps inhumé de chanter devant un auditoire. Depuis le lycée, je m’imagine partager cette prétendue belle voix devant un parterre de gens m’acclamant telle une rockstar.

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Alentours de la place Reine Marguerite – Crédits photo Sana

Mais, ma to-do list décida de faire ingérence dans mon esprit, j’y voyais alors défiler mes rendez-vous de la journée. Je chassai alors cette pensée lorsque mon regard s’arrêta net sur une robe de mariée dans une vitrine. Je me vis alors traverser l’allée de l’Hôtel de Ville amenant à la belle salle des mariages, sous les feux des projectifs, sourire aux lèvres aux bras du prince charmant. J’entendais même le bruit des sabots émanant des chevaux de notre calèche.

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Crédit photo : Sana

Mon téléphone se mit à vibrer dans ma poche, coupant ainsi court à cet élan de romantisme : « on fait quoi ce soir ? ».  J’en fus ramenée à la réalité. Sms de ma meilleure amie pour planifier a minima notre soirée du 21 juin. La fête de la musique.

Quelques pas plus tard, je m’arrêtai devant la vitrine d’une petite librairie. Je décidai de la prendre en photo. Un livre attira mon attention : celui de Pierre Adrian « Des âmes simples » que j’ai découvert et lu grâce à un collègue, il y a quelques semaines, et d’ailleurs, il faudra que j’en fasse une « revue » tellement je l’ai apprécié. Je me mis à imaginer un ouvrage dont je serais l’auteure, posé, dans cette vitrine. Puis, je me suis rappelé que je n’avais rien écris depuis des mois. Ce qui ne manqua pas de me désoler.

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Vitrine de la librairie L’escampette – Crédits photo Sana

En remontant la rue qui conduit à mon bureau, je décidai de prendre en photo la devanture d’un restaurant que j’apprécie particulièrement. Il ferme. Liquidation judiciaire. Et là, le constat du pathétique dessein de notre civilisation me glaça le sang.

Il n’y a jamais eu autant de richesses, et d’argent dans le monde, et il n’y a jamais eu autant d’infortune, de dénuement, de privations. Je n’ai jamais compris cette fracture. Et en cours de macroéconomie, comme en géographie, je me rappelle avoir eu beaucoup de mal à accepter cette dichotomie  arbitraire entre pays du nord, et pays du sud, car, les pays du nord sont notamment loin de former un bloc homogène. Et puis, pour moi, cela équivalait à séparer dans les esprits, comme dans la réalité, l’humanité en deux.

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Devanture restaurant – Crédits photo Sana

Je mis fin à mon analyse d’économie internationale en sortant mon portable pour regarder l’heure, alors même que j’avais ma montre…Il n’était pas encore 07h45 lorsque je passai devant une institution : la maison Constanti, maître artisan (boulanger, pâtissier, chocolatier, confiseur). La vitrine colorée m’attira. Et je me suis demandé s’il existait des oiseaux roses dans la vraie vie. J’ai aussi vu les chamallow, et j’ai pensé à ma détox de sucre industriel que j’ai ré-entrepris il y a plusieurs semaines.

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Vitrine Maison Constanti Pau – Crédits photo Sana

Je tournai les talons, et pressai le pas. Chassez le naturel, il revient au galop..

Je traversai le parc d’un pas décidé, heureuse de toutes ces petites escales. Il me fallait à présent regagner l’arène du travail.

A bientôt,

Sana.

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Le triomphe du médiocre

En fait, il y a une grande forme d’injustice dans la vie. Un amer constat. J’enfonce certes une porte ouverte, mais la réussite n’est définitivement pas l’apanage des brillants. Sans les envier (cf. Je t’envie), je trouve que celles et ceux qui réussissent ne sont pas forcément les meilleurs, ni les plus brillants, mais bel et bien ceux qui ont les coudées franches, voire le bras long, pour tirer leur épingle du jeu d’individualiste dans lequel nous sommes plongés. Stratagèmes, et médisance de bas étage, tout est exécuté dans un long mouvement réglé à la perfection pour se faire une large place sous le feu de la rampe. Lire la suite

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Je t’envie

Plus d’une fois, j’ai entendu ces deux mots : « je t’envie ».

Mais, je n’ai jamais franchement aimé les comparaisons, entre deux êtres, entre deux situations de vie, entre deux parcours, .. Car, je sais que parfois en se comparant aux autres, on a tendance à se rabaisser. Ou alors à s’estimer meilleur qu’autrui. Complexe d’infériorité, ou de supériorité. Lire la suite

Ne te sous-estime pas… — Georges 2679

Ne te sous-estime pas en te comparant aux autres. C’est précisément parce que nous sommes tous différents que nous sommes tous uniques. Ne fixe pas tes buts en fonction des autres. Toi seul sais ce qui est bon pour toi. Sois toujours à l’écoute de tes plus profonds désirs. Tiens à eux comme […]

via Ne te sous-estime pas… — Georges 2679

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Ces âmes sur la même longueur d’onde

Un moment que je ne t’ai pas parlé de mes perceptions. Celles qui font partie intégrantes de mon être. Celles qui animent mes pensées quotidiennement.

Un grand soleil printanier, un ciel bleu, une ambiance presque estivale en ce 7 mai, un cadre propice à ces confidences. Emanations du cœur, elles trouvent généralement échos auprès des âmes dont les aspirations sont similaires. Lire la suite