Le sermon des deux pieds

Au-delà des valeurs de respect, de gentillesse, d’humanisme, d’altruisme, il y en a une qui est primordiale à mes yeux. C’est celle qui me fait passer parfois pour quelqu’un de très fier, de presque imbu de sa personne, voire d’indifférent (selon les perceptions d’autrui). Cependant, c’est aussi celle qui fait que je ne me plie pas en quatre pour qui que ce soit, ni que je renvoie mes envies, valeurs aux calendes grecques (ou renie) pour faire plaisir à quelqu’un. Quand je dis elle, je parle de la dignité.

On m’a toujours inculqué que tous « les hommes naissent libres et égaux en dignité et en droits ». D’ailleurs, la DDHC (déclaration des droits de l’homme et du citoyen) était accrochée à la maison, et quand je commençais à apprendre à lire, ma mère l’avait décroché du mur pour l’afficher un peu plus bas pour me permettre de la lire à ma guise, sans me tordre le cou. Et, si je suis autant éclectique c’est aussi grâce à l’univers dans lequel j’ai baigné. Et si je suis autant à cheval sur les principes de respect, de dignité, et d’égalité c’est parce qu’on me les a transmis.

En fait, si je prends quelques minutes aujourd’hui pour t’écrire c’est aussi parce que j’ai reçu un mail qui m’a un peu fait froid dans le dos. J’ai un peu hésité avant de prendre la plume (car j’abhorre le « girl power » de bas étage, et je ne connais pas toutes les paroles de « we run the world » rires) mais la détresse de la personne qui m’a fait part de sa souffrance m’a l’air si grande que je ne peux rester indifférente.

Je préviens tout de même que ce post n’a pas pour ambition de réveiller les oppositions de genre. Je laisse ces positions puériles à ceux qui en sont friands pour servir leurs intérêts.

En outre, je ne tiens pas à m’ériger en défenseure de quoi que ce soit, je tiens juste à te faire part de ma position sur une situation que l’on m’a partagé par mail, et qui m’a particulièrement touchée.

Voici les mots de celle que nous appellerons Emilie.

Bonjour Sana,

J’ai lu avec attention pas mal de tes posts. Je pense savoir le genre de jeune femme que tu es. Gentille, douce et ferme. Altruiste dont le bien être passe aussi par sa propre personne. Drôle et intelligente. Discrète mais affirmée. Généreuse, fière, et qui se laisse pas marcher sur les pieds. Bref. C’est un peu mon ressenti quand je te lis. Je me rappelle avoir lu un de tes post où tu disais ne pas vraiment adhérer au concept de « moitié » en matière sentimentale parce que tu es une, et entière. J’avoue que j’avais vraiment pas compris il y a quelques mois quand j’ai lu tes mots. Je les comprends qu’aujourd’hui.  Pour être directe, je vis un cauchemar. Je suis comme emprisonnée. Et dire, que j’ai tout vu au début mais je ne voulais pas tellement voir. J’ai tout donné pour un homme qui est totalement indifférent. J’ai arrêté de travailler car il a une bonne situation, et il me disait au début que cela ne le gênait pas de m’entretenir. Maintenant, ça a l’air de le gêner. Je reste suspendue en attendant ses appels. Je suis un peu une « oui-oui » même si je le renvoie souvent à son sale caractère. Je l’ai rejoint dans sa ville (à 300 km de là où j’ai vécu, et donc de tout mon noyau), j’ai donc arrêté de fréquenter mes amies, de suivre mes activités favorites (danse, échecs, peinture). Deux ans après, je me demande ce qui m’a pris. Je lui cuisine, fait le ménage, etc…je repasse ( chose que je déteste) ses chemises. Il n’en a que pour son propre confort. J’ai plus le goût à rien. Je pourrai t’en raconter des tonnes. Des vertes. Des pas mûres. Mais c’est de ma faute, j’ai accepté beaucoup trop de choses. Le fait de t’écrire me libère. Je pense connaitre ta réponse (même si dans le fond je sais que jte pose pas de question) et la lire me fera du bien. Je suis malheureuse de vivre en fonction de lui. Je tente parfois des nouvelles choses mais à chaque fois il me demande « quel est l’intérêt ? ». Bref.  Je sais ce que tu vas me dire «  bouges toi, sors, fonces ». Continues de nous écrire. Tu peux même me répondre par un post à tout le monde j’en serais ravie. Parce qu’on est surement beaucoup à vivre ça. Enfin jespere ne pas être la seule.

E,

Je ne sais pas par où commencer. Bravo à toi de t’être livré, et bravo d’être aussi lucide.

J’ai lu ses mots avec la chair de poule. Le « j’ai tout donné » m’a déstabilisé. Le « j’ai arrêté de travailler » m’a consterné.  Et que dire du « cela ne le gênait pas de m’entretenir » : j’ai failli tomber à la renverser. Summum. Ponpon sur la garonne comme dit une copine toulousaine.

Même si c’est difficile de s’adresser à quelqu’un dont on ne connait pas profondément la manière de fonctionner, ni celle de la personne décriée, même si c’est difficile de porter un jugement sur une situation que l’on ne vit pas ; je me jette à l’eau. Sans détours.

Et si je heurte la sensibilité d’Emilie, ce n’est que pour son bien.

Je ne détiens pas la science infuse (d’ailleurs nul ne peut prétendre en disposer). Mais les relations humaines, ça me connait et ça me passionne.

En fait, c’est difficile de donner de quelconque leçon car nous sommes un peu toutes les mêmes, sur ce point-là. On nous a appris à être gentille. Donc, on l’est. Fatalement. Je dis fatalement parce que comme en toute chose, c’est le juste milieu qui est salutaire : « trop bon, trop con » dit le dicton. Mais de là à feindre « la chieuse » de service : non plus. En fait, trivialement, être gentille c’est bien, mais être la dernière roue du carrosse. Non.

J’espère juste qu’en lisant un peu cela, Emilie va nous retrouver le sourire, et peut-être prendre les dispositions qui s’imposent.

Pour tout te dire, en lisant son mail, je n’avais qu’une citation en tête, celle de Marlo Thomas :

« L’égalité ne consiste pas simplement à être traitée à égalité avec les hommes mais à se traiter soi-même de la façon dont on traite les hommes ».

Se traiter soi-même de la façon dont on traite les hommes. Tu aimes être au petit soin pour lui. Et si tu en faisais autant pour toi ? Te traiter de la meilleure des façons. Respirer la joie de vivre. Reprendre tes activités favorites. Te créer un nouveau cercle d’amis dans cette nouvelle ville. Prendre du temps pour toi. En somme, exister par toi-même, pour toi-même.

Pour en revenir à ton écrit, quand je disais ne pas tellement comprendre le concept de moitié, l’idée était de dire que seule : je suis déjà complète dans le sens, où j’ai déjà tout à ma portée pour être heureuse. Mon bonheur dépend intrinséquement de ma propre personne. J’essaie toujours de ne jamais faire dépendre ma joie de vivre de quelqu’un d’autre. Je vibre en complétude. Mais, quand tu t’estimes incomplète, les gens ressentent cet état, et te traitent en fonction.

« Et dire, que j’ai tout vu au début mais je ne voulais pas tellement voir ». Oui, on est toutes déjà passées outre cette petite voix, notre intuition, juste pour donner une chance, pour voir comment ça pouvait évoluer, ou pour ne pas juger rapidement. Des mois, des années après, le temps nous donne en général raison. D’où, sans tuer toute forme de romantisme, l’importance de rester discernée lors de la phase « eau de rose » car, en général : ce que tu vois, c’est ce que tu auras.

On arrive au cœur de ce que je trouve être peut-être la source de tout cela : l’absence d’indépendance.

« J’ai arrêté de travailler car il a une bonne situation, et il me disait au début que cela ne le gênait pas de m’entretenir ». Il y a évidemment des tonnes de schémas de vie où la femme rejoint son mari en expatriation (par exemple), ou cesse de travailler pour élever les enfants (et c’est bien plus difficile à mon sens que de travailler à l’extérieur), ou encore estime ne pas avoir ni le besoin, ni l’envie de travailler..

Mais, car, il y a un énorme mais. Il faut garder à l’esprit que plus on dépend de quelqu’un, plus on perd notre liberté (par définition). Or, ce qui m’est plus cher : c’est ma liberté. Mes aïeuls, nos aïeuls se sont battus pour qu’on vive dans un pays libre. Faisons leur honneur. (On pourrait aussi souligner le fait que notre liberté est tout à fait relative compte tenu du contexte législatif, de la restriction de nos libertés, de notre aliénation au quotidien.. mais cela est un autre débat).

Reprenons sur la nécessaire indépendance.

Un exemple (même futile) ?

Je me vois mal demander à monsieur sa carte de crédit pour m’acheter quoi que ce soit. Surtout qu’en termes d’achat, nous ne sommes pas les dernières (hein les filles ?). Pour moi, c’est assez rabaissant je trouve. Je n’ai pas envie de quémander, ni de brader mes envies. Si j’ai envie d’un sac en cuir. J’ai envie d’un sac en cuir. Point Barre. Je me l’achète. Je n’ai pas envie d’entendre les célèbres reproches : «  t’en as des tonnes », ou « prends en un moins cher », ou «  mais tu vas pouvoir ouvrir une boutique avec tout ce que t’as ».  En soi, ces remarques si anodines qu’elles paraissent cachent souvent une position bien arrêtée sur la question.

Bien sûr qu’être indépendante ne se résume pas à avoir sa propre carte de crédit. Bien sûr qu’être indépendante ne veut pas dire refuser toute forme de cadeau.

J’ai une copine qui dépend financièrement (mais provisoirement, heureusement pour elle) de son compagnon. Elle m’a dit la dernière fois : « à chaque fois que je rentre avec des nouvelles chaussures, il me fait le sermon des deux pieds ». Je lui ai répondu : « ah ok, le fameux mais tu n’as que deux pieds !?! ». Elle a acquiescée en pouffant de rire.

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Cela fait sourire mais derrière c’est très sérieux. Pour des décisions plus grandes, le fait de ne pas participer au budget du foyer crée des dissensions quoi que certains en disent. Quelle que soit la personne que tu as en face, il te fera ressentir (je pense) d’une manière ou d’une autre, que tu n’as pas tellement ton mot à dire parce que c’est lui qui mène la money danse. Et c’est malheureusement ce qui fait que beaucoup de femmes se sentent piégées par la suite. « Oui mais c’est lui qui bosse donc je ne peux rien dire ».

L’inverse est vrai quand l’homme dépend de sa femme. Elle peut trouver mille façons de l’humilier, délibérément ou non d’ailleurs.

Donc, tu l’as compris, pour moi : la règle number one de très très loin est… L’indépendance. Et tu verras qu’en général, elle va de pair avec les autres formes d’indépendance : émotionnelle, intellectuelle…

Quitte, et ce sans dénigrement aucun, à faire un 20h dans le supermarché du coin, voire à cintrer toute la journée des fringues à la boutique en face. Le fait d’avoir ton budget t’ouvrira des perspectives. Et puis, question de dignité aussi ! Si des femmes (et des hommes !) ont luttés pour qu’on puisse disposer d’un compte bancaire sans autorisation, c’est pour quelque chose non ?

Je répète une fois encore que beaucoup de femmes sont très heureuses de ne pas travailler, beaucoup d’hommes sont épanouis au foyer. Je donne juste mon point de vue. Et je ne dis pas qu’il faille être sarcastique.

De l’indépendance financière, découle l’indépendance tout court. Tu auras ainsi de quoi t’offrir un abonnement à la salle de sport, à l’association de Yoga, ou au club de natation. Tu as le droit d’avoir tes moments à toi, de voir des gens, de prendre soin de toi, de te défouler. En rentrant chez toi, tu seras ainsi de bien meilleure compagnie.

En poursuivant ma lecture du mail, je lis : « Je reste suspendue en attendant ses appels ». Euh…allo ? On n’a plus 10 ans pour attendre la consigne, l’autorisation, ou toute forme d’acquiescement. Le respect est la base de tout. Bien sûr qu’on peut prévenir de ses allées et venues, ou attendre un coup de fil important de sa part, mais de là à regarder sa vie passée en attendant la délivrance. No way.  Il ne faudrait pas pousser mémé dans les orties. Tu as aussi le droit, voire le devoir de décider de ton programme. C’est ce qui fait l’équilibre de chacun dans la relation.

« Je suis un peu une oui-oui ». Alors là, c’en est trop. Pour moi, ce n’est pas possible d’être toujours d’accord, à 100%, avec quelqu’un. Ou alors, c’est de l’hypocrisie. On a tous des envies, des parcours personnels, des valeurs, des projets, des personnalités, des rêves, qui peuvent ne pas matcher avec la personne qui partage notre vie. Et c’est normal. Et c’est enrichissant. (Et c’est « pimentant ».. oui ce mot n’existe pas mais tu as saisi l’idée). Si tu es viscéralement contre la déforestation, et qu’il essaie de te démontrer qu’elle est excellente pour les zones naturelles, et que ( par peur de le contredire) tu finis par acquiescer comme (pardon de l’offense) une écervelée, c’est que tu n’as pas suffisamment confiance en toi. Tu as le devoir d’avoir tes propres convictions.

Si je puis me permettre, je te conseillerais juste de faire attention à ne pas te dire non, à chaque fois que tu lui dis oui : que ce soit pour une discussion, une activité, ou autre. Le « oui » que tu dis doit être en cohérence avec ce que tu penses réellement.

« Je lui cuisine, fait le ménage, repasse ses chemises. Il n’en a que pour son propre confort ». C’est plutôt problématique en effet. Tu n’es pas une perle sur un collier de perles. Tu n’es pas là pour satisfaire exclusivement le moindre de ses désirs. Sa prépondérance financière ne lui confère pas le droit de te traiter de la sorte. Tu as le droit au respect, à la dignité.

Mais, vu que je déteste les postures victimaires, je vais te poser une question : lui as-tu permis, même inconsciemment, de tels agissements ?

En général, on nous traite de la façon dont on se traite nous-même.

Je sais que cela peut te paraitre difficile. D’autant que tu as l’air empêtrée dans ce schéma depuis quelques temps. C’est facile pour moi de te donner mes ressentis, et cela l’est d’autant plus que tout ce que je te dis est naturel en moi : c’est normal pour moi d’être indépendante. C’est naturel chez moi de ne pas m’écraser face aux autres. C’est naturel pour moi d’être difficilement impressionnable. C’est normal chez moi de bondir quand je vois une injustice. Bref.

Ce que je veux te dire c’est que le changement va prendre du temps. Au début, tu vas peut-être t’en vouloir de penser à toi. Tu vas t’en vouloir de partir sans lui en week-end, ou de laisser s’amonceler le linge sale ( il peut aussi s’en occuper de temps à autre). Mais dis-toi que c’est un passage obligé. Il faut créer un point de rupture, pour repartir de plus belle, ou prendre les décisions qui s’imposent. 

Je poursuis en glissant une petite phrase d’Harry Truman : «  si vous ne pouvez pas convaincre, semez la confusion ». Et comment ? En bouleversant tes habitudes. S’il a l’habitude que tu sois présente les 48 week-ends de l’année, fais en sorte d’être absente de temps en temps. Tu es à 300 km de tes proches, tu peux quand même prendre du temps pour les voir.

Mon esprit (parfois espiègle) imagine déjà le scénario. Si j’étais toi, je ferais ma valise, devant lui, jeudi soir. Il te regardera étonné (le fameux air loveur du « je tiens à toi » …) en te demandant : « tu fais quoi ? ». Et là, tu prends un air des plus détachés et tu dis « ah oui au fait, je ne t’ai pas dit mais je m’en vais demain voir ma famille et mes amis. Je rentre dimanche soir ». C’est une affirmation. Une information. Tu ne cherches pas son aval. Et puis, c’est pour le bien être de tout le monde. Tu rentreras revivifiée, crois-moi. Rien ne t’interdit de lui passer un bref coup de fil pendant ton we.

Casses la routine. Sois moins disponible. Ne dis rien, c’est inutile. Certains ne réagissent pas aux paroles, mais à l’absence de contact. La distance renouvelle le respect. Et même s’il ne fait pas attention à toi, il a besoin de savoir que tu es là.

Nous sommes adultes. Libres. Et responsables.

Je ne jette l’opprobre sur personne. Je connais aussi des hommes qui sont maltraités par leur compagne. Et cela me perturbe tout autant. Samedi dernier, à la caisse, j’ai vu une femme humilier son mari (comme jamais). Je ne savais plus où me mettre. A un moment, elle l’a laissé en plan pour aller chercher un article. Nos regards se sont croisés. J’ai soutenu son regard en hochant la tête de droite à gauche, avec un air désapprobateur (qui voulait dire « mais bonhomme, ne te laisses pas faire » !). Quand j’ai un différend avec une personne, j’aime le régler entre quatre yeux. Je déteste prendre la terre entière en témoin. C’est tellement bas, et irrespectueux. Je ne comprendrais jamais ceux qui font des scènes en public.

Mais, je t’avoue que quand c’est trop énorme pour moi, j’ai du mal à me la fermer. Comme la fois où j’ai vu une mère giflé de toute sa main son petit qui devait avoir 4 ans. Devant les sanglots du petit, et sa difficulté à retrouver son souffle, j’ai dit à sa mère que j’aurais vraiment honte à sa place, et qu’en matière éducative, j’avais vu mieux. Elle a rougi. J’étais ravie parce que j’ai réussi à créer de la gêne chez elle. Elle a bafouillée, et a pris la poudre d’escampette. Une fois aussi, j’ai vu un agent municipal arroser un sans-abri qui était allongé sur un banc, pour le faire déguerpir. Je me suis interposée. Bref. Pourquoi je te raconte cela ?

Je ne jette pas la pierre aux hommes. Je connais aussi un tas d’éternelles insatisfaites pour qui rien n’est jamais assez grand. J’en connais qui ont banni la reconnaissance, la gratitude de leur vie.

Petite anecdote à ce sujet. Un week-end avant la finale de la coupe du monde, une femme a demandé à son compagnon de déplacer la télé (cadeau de sa grand-mère donc valeur sentimentale élevée). En la déplaçant, il l’a malencontreusement cassé. Elle lui en a voulu à mort. Il en était mal.

A un point où il a filé acheter un écran plat, home cinema, la totale. Une semaine après, c’est le weekend de la finale de la coupe du monde, des amis sont invités chez eux, apéro et tutti cuenti. L’un d’entre eux s’exclame alors en voyant leur nouvelle télé, et ses enceintes : « génial votre home ciné » !

Tiens-toi bien parce que la réponse vaut vraiment le détour. En guise de réponse donc, elle n’a rien trouvé de mieux que de dire, de façon nonchalante : «ouais, Thomas a cassé l’autre »…Tu pouvais entendre les mouches volaient.  Il a bouilli intérieurement. Il a ragé toute la soirée. Le lendemain, il a pris ses affaires. Et connaissant le degré de fierté de l’intéressé, je crois qu’entre eux le match est compromis.. Sauf si, les esprits se calment, que l’été les réconcilie, et que le fameux « 1 partout, la balle au centre » remette les pendules à l’heure.

Je divague un peu non ? Non du tout, tout a un lien.

Reprenons. Personne n’a le droit d’écraser autrui de la sorte.

Emilie, c’est difficile pour moi de t’en dire davantage (par rapport à ta situation) car je n’ai pas la version de l’intéressé, je ne peux donc mener à terme la procédure du contradictoire (j’aime être juste ; pas pour rien que mon signe astro est…….. : BALANCE !).

D’autant que si tu l’as « choisi », c’est qu’il doit avoir des qualités.

Alors, oui « bouges toi, sors, fonces », et n’acceptes rien qui aille à l’encontre de tes principes. La plus grande qualité d’une femme est la dignité. Gardes ton indépendance d’esprit. Ne laisses personne de limiter en tant que personne. Et ris car rire est le début de la guérison.

Une dernière petite histoire ( qu’on m’a racontée), pour la route :

« Matthieu, un homme à la fois riche et séduisant qui avait toutes les femmes à ses pieds, a vécu une histoire inattendue avec une femme étonnante prénommée Laura.  Il l’a décrivait comme un «rat de bibliothèque réactionnaire », qui portait de longues jupes plissées.  Après quelques soirées passées ensemble, il l’a invitée à faire une croisière. Il était très sûr de lui et croyait qu’il allait lui apprendre à vivre. Il voulait « bousculer son petit univers ».

Mais Laura a décliné l’invitation. Pourquoi ? Elle avait une réunion tupperware. Oui ! Tu as bien lu une réunion tupperware.

Matthieu n’en revenait pas : «J’espérais qu’elle finirait par changer d’avis. J’ai pris le bateau seul et, au bout d’une journée, je suis rentré pour voir ce qu’elle faisait. Une réunion Tupperware ? C’était impossible. Je ne pouvais pas croire qu’elle avait renoncé à une croisière avec moi pour une réunion tupperware. Je me suis dit qu’elle était forcément avec un autre homme. Il fallait que j’en aie le cœur net. »

Il est donc arrivé chez Laura le soir où la réunion devait avoir lieu. Et il a découvert complètement ébahi… qu’elle était effectivement en pleine réunion! Lorsqu’il est entré, elle était ravie de le voir et lui a offert un petit gâteau. A cet instant, il aurait pu être en train de manger une langouste ou des fruits de mer exotiques avec toutes les femmes qu’il voulait en voguant vers les Bahamas.

Et il se retrouvait avec un petit chou à la crème ramolli entre les doigts. Il aurait pu regarder un spectacle époustouflant sur le bateau. Mais non, l’événement du jour était la présentation de boîtes en forme de cœur ou d’étoile.

Il n’en croyait pas ses yeux : « J’étais au beau milieu d’une assemblée de femmes qui jacassaient et s’extasiaient devant des récipients en plastique. J’ai bu un café dans une petite tasse en porcelaine, avec une cuillère minuscule. Je n’arrivais pas à y croire. Je me disais : “Elle me fait passer après ça. Je rêve !”

Laura a-t-elle été méchante, hargneuse, malveillante ? Pas du tout. Contrairement à beaucoup d’autres femmes, elle n’a pas renoncé à ses activités pour quelque chose que seul son partenaire trouvait plus intéressant.

 Matthieu ne pensait pas qu’elle attacherait plus d’importance à ses centres d’intérêts qu’à une croisière avec lui. Et il avoué : « A partir de ce moment-là, je n’ai eu d’yeux que pour elle. » Ce couple improbable est même devenu très solide. Matthieu a voulu lui en mettre plein la vue, mais Laura ne s’est pas du tout laissée impressionner.

Je vous vois venir, ne commencez pas, pour vous donner un genre, à prétexter des réunions tupperware quand on vous propose une croisière !

Plus sérieusement, on sait tous que la vie exige des sacrifices. A deux. Chacun y mets du sien pour l’équilibre global. Je ne suis pas fan de la règle des 50-50 dans tout. L’égalité n’est pas l’équité. On a tous des penchants naturels pour des choses que l’autre n’aime pas. Et nous avons une psychologie différente de celle des hommes, même si nous sommes animés de la même intention : être heureux.

Tout ce que je sais c’est que la liberté c’est le pouvoir. La possibilité de choisir la façon dont tu veux vivre et être traitée te donnera bien plus de pouvoir que n’importe quel privilège matériel.

Ne renonces pas à ta vie,

Merci de ta confiance.

Grâce à toi, je me suis prise pour Oprah le temps d’un post.

Peace be upon you,

Bel été,

Bien à toi,

Sana,

Tous droits réservés.

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18 réflexions sur “Le sermon des deux pieds

  1. Waow, je suis sur le cul ! J’adhère à 100% à cet article et je te remercie de l’avoir écrit. Il est d’utilité publique non seulement pour la dame qui t’a contactée, mais pour la société toute entière.
    Plus j’avance, plus je trouve qu’on nous vend cette histoire d’incomplétude sans l’autre. Des contes en mode « un jour mon prince viendra » aux émissions de téléréalité comme le Bachelor, on nous envoie le message que seul.e, on n’est rien.
    J’ai longtemps vécu à 100% pour mon compagnon – qui ne m’avait pourtant rien imposé et qui a un immense respect pour moi (sûrement la faute à mon histoire familiale compliquée). Et puis je me suis réveillée il y a 2 ans et tout à changé. Notre relation est beaucoup moins routinière, j’apprends à toujours me faire passer en premier tout en le considérant. J’ai appris à m’aimer, à être une personne en dehors de notre couple. A avoir mes activités, mes ami.e.s, mes moments. Et qu’est-ce que j’y ai gagné ! Qu’est-ce qu’on y a gagné !
    Merci de transmettre ce message, je te souhaite une belle journée 🙂

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  2. Le message est poignant, la réponse est juste et j’apprécie que tu aies fait la part des choses en ne rejetant pas forcément la faute sur Monsieur. Comment vivre en couple tout en restant soi-même?. certains compromis sont nécessaires mais de la part des deux et puis parfois il faut savoir se faire plaisir et être autonome, se garder du temps pour soi.

    Aimé par 2 personnes

  3. Très bien écrit, très agréable et boostant comme réponse. Son message m’a perturbé les jours suivants…En fait, je ressens qu’Émilie remet toutes les fautes sur elle, et l’amour pour ce garçon ne saute vraiment pas aux yeux. Du coup, je me demande si on est pas dans une situation de manipulation, de pervers narcissique. Je sais, ces mots énerves car ils sont à la mode, mais connaissant bien le sujet, je me permets juste d’évoquer cette hypothèse. Il suffira à Émilie de lire deux trois articles sur ce type de psychologie pour en avoir le cœur net pour son couple. Bon courage dans tous les cas ^^

    Aimé par 2 personnes

      1. Coucou Sana ! J’espère qu’on se trompent quand même, pour elle. et mes excuses pour l’horrible faute d’orthographe à « énervent ». ah ah ! Je pense que ça va au mieux, oui 🙂 J’ai de la chance d’être au frais cet été. Je te souhaite à toi aussi d’être au meilleur de ta forme ^^ à bientôt !

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