La came du bonheur

La façade. L’ornement qui masque la réalité. Le faux nirvana. L’artificiel. L’illusoire sentiment de bien-être. Si tant de personnes sombrent dans les narcotiques, palliatifs, c’est souvent pour se soustraire de la réalité, soulager transitoirement leurs maux, ou simplement s’amuser, se détendre, voire se sentir appartenir à un groupe. Là où tout n’est que façade, c’est que leurs effets sont temporaires.

Une fois la cigarette, la bouteille, le rail consommé, que reste-t-il de la béatitude, de la jouissance que ces substances – qui altèrent la manière de percevoir les choses, de ressentir les émotions, de se comporter – sont censées apporter ?

Il est évident que je ne jette l’opprobre sur personne, et comme en toute chose, c’est l’addiction qui est préjudiciable, et non la consommation raisonnée, mais je veux dire par là que ces biais nocifs masquent la réalité.

Tu me diras chacun sa came après tout. Certain(e)s trouvent leur éphémère kiff dans l’enchainement de relations sentimentales, d’autres dans le sport à dose intensive, d’aucuns dans l’alcool, et d’autres dans la chirurgie esthétique. Je fais juste le constat que nous n’atteindrons pas la quiétude par ces biais-là. Je ne le pense pas.

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La dernière fois, je suis tombée sur un article qui dépeignait une réalité stupéfiante (c’est le cas de le dire) de la Silicon Valley où le phénomène du microdosing a émergé il y a quelques années : il consiste à prendre, de préférence le matin, une petite quantité de MDMA (composante de l’ecstasy), de LSD ou de psilocybine (principe actif des champignons hallucinogènes). Et tout est dans le dosage : juste assez élevé pour améliorer ses performances au travail, mais pas trop, pour éviter l’effet planant de la drogue, handicapant au bureau. En lisant cela, je me suis dit whaaaat, nous vivons une époque formidable, et à l’avenir, nous achèterons des drogues intelligentes avec notre café, le matin !

Certains avocats du diable te diront « oui, mais il faut bien que ces jeunes (ou ces moins jeunes d’ailleurs) expérimentent de nouvelle sensations, cela fait partie de leur construction, etc..

Certains voient dans ces phénomènes « l’alliance d’un anticonformisme héritier du mouvement hippie et d’un courant néolibéral mû par des objectifs de performance. Le joint entre ces deux tendances, c’est l’individualisme et la quête du contrôle de soi ».

Finalement, le dénominateur commun de toutes ces quêtes c’est quand même d’accéder à l’extase, l’ivresse, la béatitude, l’enthousiasme. Là où le bât blesse c’est que tout ceci ne confère que des sentiments provisoires. Je suis certaine que notre réalisation, notre bien-être est subordonnée à une composante spirituelle (et pas forcément religieuse) qui permet d’accéder à un état de bonheur profond, absolu. Des études ont notamment démontré les bienfaits de la méditation de pleine conscience dans le traitement des addictions. Par ailleurs, la médiation peut constituer le lieu de naissance du bonheur.

Il y a quelques jours, je suis tombé sur le passage ci-après :

« Au-delà des bénéfices substantiels que la méditation crée pour la physiologie corps-esprit, le plus beau cadeau de la méditation est le sentiment de calme et de paix intérieure qu’elle apporte dans votre vie quotidienne.

Lorsque vous méditez, vous allez au-delà du bavardage bruyant de l’esprit dans un endroit totalement différent: le silence d’un esprit qui n’est pas emprisonné par le passé ou l’avenir.

Ceci est important parce que le silence est le berceau du bonheur. Le silence est le lieu où nous obtenons nos éclats d’inspiration, nos tendres sentiments de compassion et d’empathie, et notre sens de l’amour.

Il rassemble toutes nos émotions délicates, et le grondement chaotique du dialogue interne les noie facilement. Mais lorsque vous découvrez le silence dans votre esprit, vous n’avez plus à prêter une excessive attention à toutes les images aléatoires qui déclenchent l’inquiétude, la colère et la douleur. Lorsque vous méditez sur une base régulière, toutes vos pensées, les actions et les réactions sont infusées avec un peu plus d’amour et d’attention consciente. Le résultat est une plus grande appréciation et une prise de conscience profonde de la qualité divine de l’existence ».

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Ainsi, la poursuite du bonheur dans notre culture contemporaine, saturés comme nous le sommes par le consumérisme et l’obsession du mercantilisme, de la gloire, des plaisirs éphémères, des plaisirs superficiels, ne peut s’appréhender sans un retour à nous-même.

Le véritable éclat ne peut venir que de l’intérieur.

Ce n’est que mon humble avis,

Sana,

Tous droits réservés.

 

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6 réflexions sur “La came du bonheur

  1. Ping : La came du bonheur | Raimanet

  2. Ces paradis artificiels servent souvent davantage à taire la douleur intérieure et je comprends qu’on en fasse usage, parce que l’espace d’un instant, on arrête d’avoir mal en croyant à tort, que c’est ça se sentir bien. J’ai connu suffisamment ces chemins tortueux pour savoir qu’au final, ils nous ramènent toujours à ce qu’on veut fuir. C’est un éternel recommencement, parsemé de rires un peu faux, mais surtout de regrets et de désir de faire autrement la prochaine fois. Comme tu le dis, Sana, la méditation est une belle façon de faire grandir en soi une attitude saine face à soi-même. Je suis conscient cependant, que le silence est peut-être plus accueillant pour les introvertis qui y trouvent un réconfort et une source de ravitaillement alors que les extravertis se ressourcent à l’énergie qui se dégage des relations vraies qu’ils entretiennent avec les autres.

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  3. Je te rejoins totalement Sana. J’ai toujours pressenti ou su que ces artifices n’étaient que de la poudre aux yeux.. on met en danger sa santé et surtout on fait comme « tout le monde » et ça moi je déteste faire comme tout le monde. La drogue est partout. Je ne cède pas d’un pouce et je refuse d’entrer dans ce cercle vicieux. Je préfère rechercher des réponses dans les livres ou les échanges avec d’autres. je n’ai pas peur de l’introspection. J’écris, je marche, j’aime boire un verre de vin de temps en temps mais la drogue je n’y ai jamais touché et je m’en passe très bien. On se comprend Sana. Très bon weekend à toi 🙂

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