Aujourd’hui, je sais que c’est ma force

Certaines personnes, dans ce monde, sont capables de déceler des comportements et des émotions subtiles chez les autres. Leurs sens sont décuplés, de sorte qu’ils ressentent des choses qui passent souvent inaperçues pour les autres. J’en fais partie. J’avais commencé à t’en parler au travers de mon post sur les introvertis (Nous les introvertis). Je n’ai d’ailleurs pas toujours vu cette caractéristique du bon œil, car, pour moi elle m’éloignait des autres car je me trouvais tellement différente.

Je me disais que ce n’était pas possible d’être aussi réfléchie, de faire attention aux moindres petits détails comme aux grandes choses, de constamment chercher à voir au-delà du perceptible, de se souvenir d’autant de choses. Je me trouvais compliquée alors qu’en réalité, je suis simplement complexe.

Grand cœur. Esprit intelligent. Bienveillance. Je suis juste capable de ressentir les sentiments des autres. Leurs problèmes deviennent les miens. J’ai juste une vision de la vie plus profonde, plus significative. Je sais juste ce qui compte réellement dans la vie, et pourquoi. Je sais juste que ce monde a une tonne de magie à nous offrir, et que la vie est un rêve pour lequel nous devons nous battre.

En fait, je réagis profondément aux stimuli externes, à mon environnement, et je détecte facilement les personnes qui ne sont pas authentiques. En général, je me sens nerveuse en présence de personnes fausses. Car, j’ai besoin d’honnêteté, d’authenticité, de profondeur dans mes interactions.

Avoir ce « pouvoir » dans un monde relativement désensibilisé est un défi au quotidien, car, pour beaucoup ces champs ne relèvent pas d’une conception traditionnelle des choses. Et c’est un défi aussi dans mes interactions avec autrui, notamment lorsque je suis en face de gens fourbes. Car, on ne tolère ni le mensonge, ni la tromperie.

Nous sommes dans un état d’alerte quasi constant. On peut difficilement nous duper.

Un exemple parmi tant d’autres. La semaine dernière, j’avais rendez-vous avec un courtier. A la minute où je lui serrais la main, je forgeais ma conviction (sans jugements). La demi-heure qui a suivi n’a fait que confirmer mon intuition première. En lui parlant, j’ai, sans le vouloir, scruté son regard, analysé son langage corporel, remarqué qu’il faisait reculer son siège de bureau, qu’il touchait ses lèvres avec son index, qu’il levait parfois les yeux vers sa gauche.. Je lui donnais le change sans pouvoir m’abstraire de toute l’analyse que j’étais en train de construire dans mon esprit. Je lisais son langage corporel, son énergie.

En fait, je crois que je ressens la douleur que les gens essaient de dissimuler au travers d’une fausse personnalité. Je préfère les gens qui s’expriment avec un certain apport émotionnel, une certaine véracité et vivacité.

La dernière fois, j’avais un rendez-vous professionnel avec quelqu’un que je n’avais jamais vu auparavant. Arrivée avec dix minutes d’avance, assise sur un canapé, je regardais les allées et venues autour du bâtiment. Il y avait d’ailleurs foule à ce moment. C’est alors que mon regard s’arrêta net sur un homme. J’ai tout de suite su que c’était mon interlocuteur (je me suis dit « lèves-toi, c’est lui »).

Au quotidien, j’éprouve souvent cette étrange impression de déjà-vu. J’ai, par ailleurs, énormément de mal avec les banalités, et parfois à rester concentrée sur des activités banales (je t’avais raconté comment j’avais chassé l’ennui un après-midi (Le pouvoir de la culture). Je suis constamment à la recherche d’une stimulation.

Les conversations de bureau me « saoulent » très vite. Et, quand je ressens que ce que je vis au moment T n’a rien de transcendant, je vais n’importe où, me réfugier dans une pensée qui semble détachée de la réalité physique.

On est aussi de grands penseurs et on aime travailler sur beaucoup de sujet divers.

Vifs. Rêveurs. On trouve des significations à nos rêves, car on sait qu’ils sont liés à notre vie.

Aussi, étant donné qu’on ressent beaucoup d’émotions de façon décuplée, on a cette fâcheuse tendance à absorber tout ce qui nous entoure. Je déteste la violence sous toutes ces formes par exemple. Je ne suis donc pas du genre à voir des films qui la prônent. Encore moins à regarder les JT où les images de guerre, de tuerie, ont élu domicile depuis de très nombreuses années. Mais si par malheur je tombe sur l’une d’elles, elle peut des heures durant, me hanter.

En outre, on essaie d’éviter certaines personnes (notamment les Vampires), pas forcément parce qu’ils nous ont fait du mal, mais surtout parce qu’on ne ressent pas de bonnes vibrations en leur présence. Malaise qui se dissipe seulement lorsque nous ne sommes plus en leur compagnie. On ne leur veut aucun mal, on essaie au contraire d’aimer tout le monde et faire preuve de compassion. On est juste très sensible au monde.

Parfois, on est envahi par des sentiments de confusion et de culpabilité de ne pas être en mesure de passer du temps avec ces personnes, surtout si on les apprécie par ailleurs.

On a souvent l’impression qu’on a le devoir de guérir la planète (Le syndrome de Wendy), de trouver une solution aux problèmes de tout ceux qu’on côtoie, de devoir toujours voir les choses du bon côté.

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Mais, nous ne pouvons pas forcément rendre tout le monde heureux. Et cela, on a parfois du mal à l’accepter.

Après tout, nous ne pouvons jamais vraiment tout savoir de nous-mêmes, d’autant qu’il nous arrive aussi de montrer une certaine image de nous pour être mieux accepté.

La vie est un miroir, et nous voyons parfois chez les autres ce que nous voyons vraiment en nous.

Aujourd’hui je sais que cette sensibilité-là est ma force. Aujourd’hui, je sais que c’est ma richesse.

“Il y a déjà dans toute sensibilité humaine une immanence de la raison » avait dit Maurice Blondel.

Sana,

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24 réflexions sur “Aujourd’hui, je sais que c’est ma force

  1. J’aime beaucoup ces articles catégorie « trait de personnalité », dans lesquels ton analyse est toujours très pointue. Cela m’arrive aussi régulièrement, je me rappelle d’un bout de phrase prononcé par une personne il y a 10 ans, quand je « ne sens pas » une personne, j’ai une impression de malaise ne me quitte plus…L’absorption me parle beaucoup, aussi. C’est ce qui est, à mon sens, le plus dur à gérer et à accepter, surtout parce que tout ce qui est en nous doit ressortir tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre. j’ai hâte de lire le prochain sur le sujet 🙂 Très belle journée à toi !

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  2. Perso, je peux m’identifier aux 3 premiers quarts du texte; tous les aspects hypersensibles, et c’est une richesse, mais dans cette humanité, si tu ne maîtrises pas cette force, elle se retourne contre toi au quotidien… simplement, ça fait depuis bien longtemps déjà que je sais que je ne peux pas « aider » tout le monde. C’est lié à mes aspects égocentriques, il y a tellement de choses qui se passent « là-dedans » que je ne peux pas gérer en + l’extérieur… J’essaie d’orienter mes activités d’écriture pour constituer une aide qui, elle, aura réellement le potentiel d’être « présente » à chaque instant, en cas de besoin. C’est la finalité de certains projets d’écriture, car j’ai besoin que cela me serve à moi, mais aussi aux autres par extension. « Complexe », oui, je comprends parfaitement ce mot, dans toutes ses dimensions…

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    1. A chacun de nous de trouver son salut, l’écriture peut être un formidable outil, j’adhère à tes propos. Quant à l’empathie, l’hypersensibilité, il est vrai qu’elle peut parfois être un fardeau. A nous d’en faire une force.

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  3. Très bel article. Je me reconnais dans cette « hypersensibilité » qui m’anime depuis toujours. Je ne pense pas que cela soit une fragilité car cela m’a permis aussi de me sortir de certaines situations où je sentais très clairement que je perdais pieds. Belle soirée à toi Sana 🙂

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  4. Salut Sana,

    J’ai passé beaucoup de temps à étudier et acquérir des connaissances pour atteindre la mobilité professionnelle que je recherchais et pourtant, comme gestionnaire, ce qui m’a été le plus utile et le plus bénéfique, c’est l’intérêt que je porte naturellement à l’autre, alors que je ne me souviens même pas de l’avoir appris. Savoir qui tu es, demeure fondamental et ta sensibilité n’est pas une faiblesse à camouffler, mais bien une force sur laquelle tu peux compter.

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  5. Lire (et relire) ce genre d’article fait un bien fou !!! J’ai la même vision des choses, et à certains moments, il faut admettre que c’est dur. Dur de se dire qu’en effet on ne peut pas sauver le monde (mais j’ai toujours l’espoir d’une partie haha !) et dur de se sentir complètement extraterrestre avec son entourage. J’ai longtemps cru que tout le monde était animé par un vrai désir de s’améliorer chaque jour. Et puis j’ai réalisé que pas du tout ! Ce n’est ni bien, ni mal, juste qu’on peut être plus ou moins sportif sur le plan du corps, de l’esprit, du spirituel ! Je ne suis pas sûre que ces personnes hypersensibles dont je fais partie trouvent (facilement) âme sœur adaptée, même si ce n’est pas une obligation dans la vie…En tous cas, bon courage et belle continuation 🙂

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  6. Je suis éblouie? Choquée? étonnée? Je ne sais pas trop. J’ai l’impression de me lire. Cela m’a fait drolement bizarre de savoir qu’il existe des gens comme moi lol. Au début je pensais même avoir une maladie mental 😂 😂 😂. Mais enfaite non, c’est juste un tempérament différent. Est-ce que tu parvient à comprendre les choses très rapidement également? Tu n’as pas aussi l’impression d’avoir une bonne intuition?

    En tout cas je suis ravie d’être tombé sur ton article. Je ne te lacherai plus…. Non je plaisante 😂 😂 😂

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    1. Oui tout à fait, je comprends les choses très très rapidement. Quant à mon intuition, elle est ma lanterne, et ne me trompe jamais…Je suis très heureuse de te savoir similaire 🙂 😉 C’est juste un tempérament différent, des circuits neuronaux complexes et efficients. Belle journée, au plaisir

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  7. En te lisant, le mot  » hyperdensibilité  » m’est venu en tête. Et en parcourant les commentaires, je vois que je ne suis pas la seule 😊.
    Je me reconnais aussi dans cet article. J’ai mis du temps à définir et confirmer cet aspect de ma personnalité, mais je sais désormais être hypersensible. Comme de nombreuses personnes en fait. Seulement on parle de cela depuis assez peu de temps finalement. Il y a assez peu d’écrits sur ce trait de caractère. Mais cela commence à venir.
    Belle soirée à toi ☺️

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  8. Ping : Chronique 7 : Apaiser le mental de Jean Christophe Dulot, chez Jouvence Editions – Les secrets pour rayonner

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