Sortie de la cuisse de Jupiter

« Sana, ta collègue se croit vraiment sortie de la cuisse de Jupiter ! Qu’est-ce que tu penses d’elle ? ».

Ces mots me sont parvenus hier matin et ont heurtées mes oreilles. Personne ne peut définir quelqu’un d’autre par des jugements. De la même façon, nous n’avons pas non plus le privilège de définir les autres. Quant à la question : «  qu’est-ce que tu penses d’elle ? », je la trouve déplacée.

J’ai toujours détesté qu’on me définisse par un seul de mes innombrables traits de caractère, ou qu’on me définisse par ma taille, mon physique. J’ai toujours détesté qu’on m’enferme dans des cases trop étriquées pour mon esprit, trop étriquées pour mon « moi sacré ».

J’aime la grandeur, les grands espaces, les grands esprits. Mon esprit aime transcender les limites, briser les liens. Ma conscience aime s’étendre dans toutes les directions.

Ce n’est pas anodin si lorsque je rencontre quelqu’un pour la première fois et que l’on me demande : «  que faites-vous dans la vie ? », je réponds, de façon contrainte, par mon métier, car c’est la réponse attendue, convenue, politiquement admise. Mais, j’ai cruellement envie de rajouter ma petite diatribe de fille « intellect et lucide » (je viens encore de me définir) : «  Non mais attendez, je ne fais pas que cela, je ne suis pas que cela. Et heureusement. D’ailleurs, l’être humain ne peut se définir exclusivement par son job. Mais si cela vous sied, je peux vous dévoiler, autour d’un verre, quelques-unes de mes oisivetés qui vous paraitront, somme toute à des années lumières de mon métier ».

Un large sourire vient d’irradier mon visage. Derrière mon écran, je souris. Où diable vais-je chercher tout cela ?

Revenons à nos brebis. Je déteste les jugements. Et lorsque je me sens offensée, je sais que j’exerce un jugement. Admettons que je juge quelqu’un d’arrogant, malsain, égocentré, ou stupide, et qu’ensuite je sois froissée par ses écarts de conduite, c’est probablement parce-que j’ai émis un jugement. Quand tu juges une autre personne, tu ne la définis pas, tu te définis toi-même comme une personne qui a besoin de juger les autres.

Quand tu choisis de ne plus être offensée, c’est une manière de dire : «  j’ai le contrôle de la façon dont je vais me sentir, et je choisis d’être en paix, quoiqu’il arrive ».

Et quand tu romps le cercle infernal des jugements à l’encontre d’autrui :

  • tu es distancié par rapport au sujet, tu deviens observateur,
  • tu te libères de l’énergie négative du ressentiment,
  • les autres sont encore plus attirés par toi, car une personne paisible attire l’énergie.

Vous êtes comme vous êtes et les autres autour de vous aussi. Ils ne seront probablement jamais comme vous. Et heureusement. Comme dirait Arnold : « il faut de tout pour faire un monde ».

arnoldC’est l’égo qui exige que le monde et tous les gens qui l’habitent pensent comme vous pensez qu’ils devraient le faire. Le moi sacré transcende cela, car il perçoit le monde tel qu’il est.

Ce n’est pas une mince affaire pour une rancunière de mon acabit de faire évaporer tout ressentiment, mais offrir promptement le pardon allège énormément.

Finalement, chacune des personnes qui nous a nui, trompé, ou dit des choses désagréables à notre encontre : notre expérience de ces personnes n’est rien de plus qu’une pensée qu’on transporte partout. Ce boulet qui au final nous ralentit, et sape nos forces.

En pardonnant, on ne s’inscrit plus dans l’hostilité, on se libère du poison qu’est le ressentiment, la rancune.

I really don’t have time for negative feelings, (pardon mais c’est plus fort que moi, l’anglais revient toujours).

Read you soon,

S.

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20 réflexions sur “Sortie de la cuisse de Jupiter

  1. Cela fait longtemps que je ne t’avais pas lu, car je suis moins présente sur mon blog. Mais j’aime toujours autant tes écrits 🙂
    Je les trouve de plus en plus « spirituels » (dans le sens plein de sagesse)
    Se libérer de juger autrui c’est aussi se rendre libre d’être plus qu’un ensemble d’étiquettes soi même.
    Bise

    Aimé par 1 personne

  2. Merci pour cet article qui fait réfléchir ! J’ai été jugeante pendant des années, enfermant les gens dans des cases, dans un mode de communication complètement différent. Aujourd’hui, j’observe, je m’ouvre, j’essaie d’être tolérante et de ne pas rester sur mes premières impressions. C’est un travail qui se fait sur de nombreuses années et le chemin est encore long 🙂 Mais je ne désespère pas 😉 Très belle journée à toi !

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    1. Hey Neo. I hope you’re well. Merci d’être passé. Allégeons nous, abstenons nous de juger, et faisons abstraction des jugements d’autrui à notre égard, pardonnons..Ainsi, nous vivrons en paix. La vie est déjà tellement courte. Toute once de négativité doit être chassée. A l’affirmation : «Untel à dit ça de toi..», on peut répondre «Soit. C’est son jugement. Ça ne m’atteint pas». A la question «qu’est ce que tu penses de lui?», je répondrais « qui suis-je pour le juger; je ne m’inscris pas dans ce genre d’exercice». Cela cloue le bec à beaucoup, et te donne une grande sérénité. Au plaisir

      Aimé par 1 personne

  4. Ping : Sortie de la cuisse de Jupiter | Raimanet

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