Etre aimable

A plusieurs reprises elle me conta que son collègue lui manquait de respect. « Mais, que lui ai-je fait ? Tu crois qu’il m’en veut d’être celle que je suis ? Je ne comprends pas pourquoi il s’en prend à moi ?.. ».  Comme réponse, au-delà des traditionnelles marques de soutien, je lui répétais souvent : « c’est avec lui-même qu’il est en conflit, pas avec toi ». Hier, après des semaines de réflexion autour de cette phrase, elle me remercia en me disant : « tu vois Sana, je n’avais pas vu les choses comme cela. Depuis que je sais que je n’y suis pour rien, je me sens plus légère. »

On a tous vécu ce genre de situation, de façon frontale, en se remettant en question, en cherchant des explications là où il n’y en a guère. Etre dans l’acceptation. Se dire que la balle n’est pas dans notre camp. Laisser couler. Et lâcher prise. Tout cela permet le détachement.

On a tous en tête l’exemple de quelqu’un de virulent dans notre entourage, quelqu’un qu’on a toujours l’impression de déranger, quelqu’un de nocif, de vampire, de profondément négatif. Prendre du recul, et ne pas voir cette personne comme le mal incarné est une première étape.

J’ai d’ailleurs très vite remarqué que la façon dont on traitait les autres était révélatrice de celle dont on se traitait soi-même. En d’autres termes, le traitement que je réserve aux autres et celui que je me réserve sont étroitement liés.

Traiter autrui avec délicatesse, respect, et compréhension, c’est se traiter soi-même de la sorte. Surtout si nous partons du postulat que tout est Un (ceci est un autre débat).

Naturellement, on est tous contraints de prendre des décisions difficiles, d’agir parfois de façon brusque mais je reste persuadée qu’en gardant à l’esprit la dignité des individus, la générosité, le sens de l’humour, alors, tout se propage de façon positive et exponentielle dans notre vie.

Lorsque nous jetons un caillou dans un lac, il n’y a qu’à voir les circonférences que ce-dernier initie. La gentillesse est contagieuse.

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On peut « gagner ses galons » par la douceur et la bonté.

Et de toutes les théories managériales, ou macroéconomiques fondées uniquement sur la seule analyse des chiffres, la plus importante à mes yeux reste celle de la dimension humaine. Car, les seuls facteurs qui font progresser une entreprise, une organisation, sont les hommes, de l’agent d’exécution au directeur. Peter Drucker, l’un des grands experts du management du XXème siècle disait que « l’affabilité est le lubrifiant de l’entreprise ».

Herb Kelleher (1931-2014), co-fondateur et ancien PDG de la compagnie américaine Southwest Airlines, était un exemple et un modèle de magnanimité dans la vie des affaires. “ Les hommes ne sont pas des ‘ressources’, mais une fin en soi », disait-il.

Kelleher faisait participer ses employés (intellectuellement, émotionnellement et spirituellement) de cette vision pleine d’humanité, de simplicité, d’humour et d’altruisme. Il pratiquait la magnanimité qui est la vertu des grands hommes et la première vertu spécifique des leaders.

AAEAAQAAAAAAAAjLAAAAJDJmYjkzN2U1LWI2ZWQtNDQ5NS05YzEyLTEwN2MwNzE1MGJjYQ-e1481697091370.jpgIl affirmait : « Le quartier général est au fondement de la pyramide, pas au sommet. Notre travail au quartier général est de produire les ressources nécessaires à ceux qui sont en première ligne pour gagner la bataille… Nous avons un “Département du Personnel”, car nous travaillons avec des personnes. Ne l’appelez donc pas “Département des Ressources Humaines”. “Ressources Humaines”, voilà un concept qui fait penser aux plans quinquennaux staliniens. »

C’est pour cela que j’ai toujours détesté les « requins ». Je trouve qu’ils n’ont pas la carrure d’un leader. Car, pour moi, par définition un leader est magnanime.

« Soyez gentils car toutes les personnes que vous rencontrez livrent un combat sans merci » John Watson

274a39ac5116e182a2816a12975fb778.jpgParoles d’une gentille.

Sana,

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9 réflexions sur “Etre aimable

  1. Ce que tu préconises demande un gros travail sur soi et va à l’encontre de la tendance actuelle (se montrer toujours plus fort). Mais tu as entièrement raison. Etre gentil est contagieux et une grande marque de respect de soi même. C’est d’ailleurs la seule réponse possible de la part de quelqu’un d’intelligent.
    Bonne soirée

    Aimé par 2 personnes

  2. Bonjour, je me permets juste 2 ou 3 remarques…Tout d’abord pour ma part la traduction qui est faite de la déclaration de John Watson « be kind, for everyone you meet is fighting a battle you know nothing about it! » n’est pas tout à fait correcte…Cette déclaration n’est pas pour indiquer un combat sans merci qui selon mon humble avis n’a aucun lieu d’être. La traduction serait plutôt « Sois agréable avec chaque personne que tu rencontres car tu ne connais rien de la lutte qu’elle est en train de mener /vivre »…Certes cela peut effectivement ne rien changer pour certaines personnes, simplement un combat sans merci inclus naturellement l’absence de toute gentillesse, de toute attention…Est-ce bien là ce qui est exprimé au sein de ton article? Il ne me semble pas…Ou alors je suis passé littéralement à côté de cet article…
    Deuxième point, est-il réellement nécessaire de faire intervenir l’intelligence lorsque l’on évoque la compassion, la gentillesse, l’attention voire l’amour de soi et donc des autres? L’intelligence est une simple conception, une image à laquelle on se raccroche pour définir un état solide à un instant, or chaque moment est impermanence…Par exemple, une personne est gentille à un moment, ce moment présent tu es présente pour assister à sa gentillesse donc tu vas la définir comme une personne d’une grande intelligence???
    Or tu ne sais rien de ce qu’elle est en train de vivre, ni de ce qu’elle a vécu ou pourra éventuellement vivre, donc comment pouvons-nous être certain que cette personne est d’une grande intelligence en assistant seulement à un seul moment de cette personne?
    Est-ce de l’intelligence que de définir une personne?
    Ou bien est-ce simplement là encore la volonté de croire que nous pouvons, que nous sommes réellement capables de définir une personne, donc cela renforcerait la définition que l’on a de nous même, non?????
    Je ne sais pas ce que c’est que d’être intelligent, ni ce que c’est que d’être BON ou MAUVAIS car après tout cela n’est qu’une question de point de vue. La voie du juste milieu, toujours définir une extrémité pour renforcer l’autre…
    Et si comme tu le dis TOUT EST UN alors le BON est le MAUVAIS et dans ce cas, est-il encore nécessaire de donner une solidité au BON ou au MAUVAIS???
    Cela n’est qu’une conception, une simple image, un point de vue parmi une infinité de points de vue, et qui n’est ni mieux ni moins bien qu’un autre…Être attentif à ce simple fait nous permet d’être présent à tout ce qui est dans l’acceptation pleine et entière de ce que l’on croît être !
    Si l’on est persuadé être d’une grande intelligence lorsque l’on est gentil, alors est-ce réellement de la gentillesse??? Ou bien un simple point de vue de soi même???

    Aimé par 1 personne

  3. Merci pour cet article Sana, ça fait grandement écho. Il y a quelques années, j’étais dans la même situation, en gueguerre interminable avec une collègue pour des broutilles, jusqu’au jour où j’ai accepté qu’on ne serait probablement jamais les meilleures amies du monde, que ce n’était pas la mer à boire et que j’ai lâché prise. Tout s’était alors arrangé. Depuis, même si ce n’est pas facile, j’essaye d’appliquer ce principe de lâcher-prise et de prise de recul dans toutes mes relations et ça facilite grandement les choses. La méditation aide beaucoup. Très belle semaine à toi !

    Aimé par 2 personnes

  4. Tu connais probablement ce référentiel qui distingue les gens selon quatre couleurs (vert, bleu, jaune, rouge). Être aimable est souvent une caractéristique présente chez tous les verts qui sont à l’opposé des rouges. Cependant, dans notre société, très souvent au sommet de la hiérarchie des organisations, on retrouve des rouges. Ils se sont retrouvés là pour leur capacité à prendre des décisions en faveur des actionnaires sans égards à l’impact que ça aura sur les employés de l’organisation. Pourtant, quand on rencontre un vert au sommet, les employés sont généralement plus heureux et au final performants sur de plus longues périodes, par rapport à la performance induite par la peur du patron.

    Aimé par 1 personne

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