Le syndrome de Wendy

Je ne l’ai jamais associé à quelque chose de négatif. En fait, j’aimais faire passer les autres avant moi, c’est tout. Et en soi, il n’y a rien de mauvais. Du moins, pas de prime abord. Je ressentais le besoin viscéral de prendre soin des autres. Et ce, dès la cour de récré. Partager mes bonbons. Faire rire les « tristes ». Intégrer les « exclus ». Détendre les « blasés ». Rassurer les « peureux ». Adoucir les « méchants ». Défendre les « opprimés ».

J’étais celle qu’on pouvait joindre à toute heure du jour, comme de la nuit. Celle qui se dévouait pour le bien de tous. Celle qu’on sollicitait pour tout service, conseil, pour toute forme d’écoute attentive. Celle sur qui on pouvait compter de façon inconditionnelle.

Pour moi, c’était le moyen de rendre heureuses les personnes qui m’entouraient. Pour moi, c’était un moyen d’offrir de l’amour. Je le faisais de moi-même, sans que personne ne me l’impose.

Là où le bât blesse, c’est quand on arrive au point de sacrifier ce qui est important pour nous. Nos passions. Là où le bât blesse c’est quand on fait précéder nos propres besoins par ceux des autres. Je parle au passé, mais vous vous doutez bien que l’on ne se débarrasse pas du syndrome de Wendy comme cela.

Car, oui, sans le savoir, je souffrais du syndrome de Wendy.Wendy.jpgLe syndrome de Wendy, la femme au service de Peter Pan

Vous connaissez tous Peter Pan, et Wendy Darling, les deux personnages principaux de l’œuvre mondialement célèbre de James M.Barrie. Deux mots sur leur personnalité.

Peter est un jeune enfant qui refuse de grandir, qui ne veut pas endosser les responsabilités d’un adulte, et qui souhaite vivre une vie d’aventures, sans jamais entrer dans la sphère si étouffante de la stabilité et de la maturité.

Peter Pan fait, quelque part référence à ces hommes quelque peu immatures, incapables d’assumer leurs responsabilités.

Wendy Darling, quant à elle, est une jeune fille qui, durant toute l’histoire, est l’ombre de Peter. Elle lui est totalement dévouée. Elle s’occupe des tâches ménagères, et prends soin des « enfants perdus ».

PETER_PAN_PE-Photo_05.jpgElle donne tout pour autrui, car c’est sa manière d’être heureuse.

Lorsque l’on parle du syndrome de Wendy, on l’associe souvent aux générations précédentes, celles de nos mères et de nos grands-mères. Quand je vois ma mère, une pure Wendy dans l’âme : le cœur de « Mère Teresa », l’empathie de « l’Abbé Pierre », l’altruisme de « Coluche », la générosité de « Diana Spencer ».. je me dis que sans le vouloir, j’ai reproduit (à moindre échelle) la tendance. Pourquoi je vous parle de ma mère au fait ? Revenons à nos brebis. Ou nos moutons.

Je ne pense pas que cela soit une question de générations. C’est plutôt commun de nos jours. On a tous un exemple en tête de ce couple où l’homme se laisse porter, et compte exclusivement sur sa femme pour assumer l’entière responsabilité du foyer. Sans dénigrement aucun, il existe aussi des foyers dans lequel c’est l’homme qui assume. Comme il existe d’ailleurs des couples dont l’équité au quotidien garantit leur équilibre. Bref.

Les limites ?

Le besoin que nous avons tous de prendre soin d’autrui, de notre partenaire, de nos amis, de prioriser leurs besoins avant les nôtres, est quelque chose de très commun.

Toutefois, de nombreuses personnes commettent l’erreur de perdre l’estime qu’elles avaient pour elles-mêmes.

Toute chose égale par ailleurs, je crois qu’il est fondamental d’essayer de maintenir un certain équilibre. Car, à tout donner : l’insatisfaction, la frustration et la tristesse nous guettent. Et tout le monde mérite d’être reconnu, valorisé, épanoui.

Prendre soin des autres, mais également de soi-même

Nous pouvons aduler notre partenaire, nos parents ou nos amis, mais nous devons essayer de ne pas s’enfermer dans la bulle de l’extrême : celle dans laquelle nous oublions tous nos besoins et nous sacrifions notre épanouissement personnel. 

Les personnes que nous chérissons font partie intégrante de notre vie. Véritables piliers de notre quotidien, on ne peut être en phase avec eux que si l’on est en phase avec nous-même, nos valeurs, notre propre espace, notre estime, notre énergie positive.

NOTA BENE : ATTENTION IL NE S'AGIT PAS DE CESSER DE PRENDRE SOIN DES AUTRES.

Cultivons notre jardin de bonheur, car c’est la seule manière dont nous pourrons offrir du bonheur aux autres. Pour rendre heureux, il faut être heureux.

 

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27 réflexions sur “Le syndrome de Wendy

  1. L’équilibre et le soin de soi sont nécessaires, oui.

    Cela étant, si les Wendy se sont, dans un premier temps, totalement dévouées aux autres et qu’une frustration est un jour apparu, c’est probablement parce qu’il y avait un déséquilibre initial en elles. Peut-être se sont-elles jetées à corps perdu dans le service aux autres parce qu’elles avaient besoin d’être aimées…

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  2. Antony'M 37

    Bonsoir Sana,
    Tu as toujours donné tes forces, ton cœur et tes tripes aux autres, la dessus tu es hors norme !!!
    Malgré toi, et chasse le naturel il reviendra toujours au galop, tu défends la veuve et l’orphelin…
    « Ne change rien à ta belle nature ».
    Je voulais te souhaiter de très bonnes Fêtes, pour le coup, tu dois penser un petit peu à toi LOL
    Gros bisous et prends bien soin de toi.
    Tony

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  3. Coucou Sana ! j’aime beaucoup « Peter Pan », le Disney mais aussi le livre de James Matthew Barrie que j’ai lu à plusieurs étapes de ma vie avec un regard différent à chaque fois. Peter Pan pense même que « mourir doit être une sacré aventure ».. c’est en tout cas l’idée dans un des passages du livres qui m’avais marqué. Il a été abandonné, il assouvi ses besoins sans se soucier des autres, il vit dans un éternel présent sans attache aucune. Wendy, c’est « la maman » qu’il n’a jamais eu.. il y a tu as parfaitement raison des hommes qui veulent que leur femme soit leur « seconde maman », qu’elle vienne combler des manques affectifs.. l’inverse est vrai avec des femmes qui recherchent une figure « paternelle » qui rassure. Il y a tant d’aspirations différentes fort heureusement. Pour être heureux il faut aussi prendre le temps de s’occuper de soi, de ne pas se négliger en voulant mettre l’autre sur un autel, un piédestal.. c’est un équilibre savant car on ne peut se suffire à nous même sauf à finir tel narcisse contemplant son reflet dans l’eau. Je crois que ces questionnements sont tout à fait légitimes. Je vais avoir 36 ans l’année prochaine et je dirais qu’il m’a fallut un paquet d’années (appelons sa la maturité) avant de penser à ne pas être « dans le faire plaisir en s’oubliant.. » J’adore tes notes car elles expriment des questionnements fort intéressants. Je te souhaite d’excellentes fêtes, Bises Sana ! 🙂

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    1. Bonsoir Frédéric. Merci encore d’éclairer, d’enrichir ma réflexion. Tu viens de me donner une excellente idée : celle de me procurer, et de me plonger dans le livre. Et oui, le savant mélange qu’on recherche tous : un peu pour soi, un peu pour autrui ; un peu pour aujourd’hui, un peu pour demain. Joyeuses fêtes à toi. Bises

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  4. Bonjour Sana,

    Je crois que l’amour véritable se construit d’abord sur ce que l’on donne et trouve ensuite tout son sens quand on a près de soi celui ou celle qui partage la même approche.

    Bien sûr, ma rose à moi, un passant ordinaire croirait qu’elle vous ressemble. Mais à elle seule elle est plus importante que vous toutes, puisque c’est elle que j’ai arrosée. Puisque c’est elle que j’ai mise sous globe. Puisque c’est elle que j’ai abritée par le paravent. Puisque c’est elle dont j’ai tué les chenilles (sauf les deux ou trois pour les papillons). Puisque c’est elle que j’ai écoutée se plaindre, ou se vanter, ou même quelquefois se taire. Puisque c’est ma rose.

    […]

    – C’est le temps que tu as perdu pour ta rose qui fait ta rose si importante.

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  5. Mister Philou

    Bonjour Sana, …. Article très intéressant…. Et Tu as entièrement raison de nous mettre en garde… Charité bien ordonnée commence par Soi-même….Etre à l’écoute des Autres, les secourir, les aider… Excellent pour notre bien-être… à condition que nous nous respections… et que les Autres nous respectent (on devient vite la ‘bonne poire’…) Sinon, insatisfaction.. frustration… et risque de rejeter les Autres… Bizz journée… Mister Philou

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  6. Ping : Aujourd’hui, je sais que c’est ma force – Les secrets pour rayonner

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