Mission de vie

Les premières lueurs de l’aube andalouse transpercèrent ma chambre, et me réveillèrent. Je savourais ma joie d’être en vie, et celle d’être en vacances. Le rythme effréné de notre trio de choc parcourant les ruelles de Séville, se désaltérant des meilleurs breuvages à chaque halte, s’intéressant aux moindres vestiges de l’époque, avait semé en nous quelques graines de fatigue. Et l’agitation de notre dernière soirée andalouse avait aussi été l’occasion pour nous d’évoquer nos projets de vie. En sirotant son mojito, Pantxika s’était tourné vers moi pour me demander si j’avais trouvé ma mission de vie.

En effet, quelques mois auparavant, nous avions longuement échangé sur la perspective de trouver un projet de vie qui soit en adéquation avec notre personnalité, notre être. Les mois s’étaient écoulés et nous n’étions pas en mesure de définir ce que Pantxika appelle la « mission de vie ».

« Oh, je ne sais pas trop. Un truc pour les autres. Une sorte de grand projet humanitaire. En fait, il faut encore que j’y réfléchisse », telle avait ma réponse.

Après tout, nous ne sommes pas censés nous réveiller un matin avec la réponse. Car elle est sûrement disséminée dans ce qui nous fait vibrer.

Cathédrale de Séville.jpg
Cathédrale de Séville

En y repensant ce matin-là, j’avais acquis une certitude. Celle que nous possédons tous en nous cette lumière qui fait foi. Cette graine qui ne demande qu’à éclore. Cette conviction, cette certitude qui nous ferait œuvrer, travailler, pour quelque chose de grand. Cette mission pour laquelle nous pourrions nous jeter corps et âmes, sans compter nos heures de travail. Parce-que dans le fond, nous aspirons tous à réaliser notre plein potentiel.

A l’heure où j’écris ces quelques mots, je suis certaine que nous ne sommes pas sur terre pour la seule et exclusive satisfaction des besoins primaires de la pyramide de Maslow. Je me dis qu’il y a sûrement une cause, un loisir, un art, un voyage, un projet, que nous sommes en mesure de concrétiser, et qui somnole en notre subconscient. Je crois que la mission de vie est au carrefour de notre essence, notre cœur, notre âme, nos dons, nos talents, nos rêves. Je l’imagine comme une démarche d’évolution personnelle qui vient en réponse à un désir sincère, à un engagement envers soi.

Mon rôle est peut-être de mettre mes qualités au service des autres. Car elles ne sont pas des hasards. Je n’ai jamais pris des cours d’empathie, je suis née avec.  Et si certains ont réalisé leur rêve d’enfant (pompier, policier, vétérinaire..), et ont fait de leur métier leur passion, beaucoup les ont reniés. L’être humain doit parfois gommer, renier ses attraits naturels, ses appels intérieurs pour s’insérer dans le moule de la société.

Je ne livrerai pas ici de conseils pour trouver cette fameuse mission de vie pour la seule et bonne raison que la découvrir, la révéler, est une démarche personnelle. Et ce qui est valable pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre.

Alors peu importe le chemin que l’on emprunte, pourvu que l’on ait la détermination à ne pas laisser notre voix intérieure s’étouffer.. Car nous avons tous été enfant, nous avons tous en nous ce petit quelque chose que nous avons tu faute de temps, de moyens, de considération, de volonté, de circonstances propices…

Quoiqu’il en soit, je te souhaite de percer au grand jour ce qui fait foi en toi, et d’avoir l’audace et le courage de designer (to design), de concevoir ta vie en fonction.

Sana.

Tous droits réservés.

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19 réflexions sur “Mission de vie

  1. Bonjour Sana,
    C’est effectivement un très bel article. Grande question que de savoir quoi faire de sa vie.
    Oui, il faut de l’audace et du courage pour « designer sa vie ». Et la vie passe vite…
    Tu nous donnes à réfléchir.
    Bonne soirée

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  2. Ça fait un moment déjà que cette idée d’aider les autres est présente, transpire dans tout ce que tu écris. Après tout, coach de vie, c’est aussi ça, aider les autres, mais on dirait que d’aider une personne à la fois ne suffit pas à combler chez toi cette quête d’altruisme, ce besoin de te mettre au service du plus grand nombre dans le cadre d’un projet humanitaire. Pour d’autres, les projets seront plutôt à saveur écologique, du genre à sauver la planète, ou alors protéger la vie animales, mais le tiens sera très probablement tourné vers l’humain parce que c’est viscéralement ce qui semble t’animer. À l’image de cet âne qu’on avait jeté dans le puit, ce qui paraît être une barrière à réaliser ta mission de vie pourrait très bien devenir un levier pour la réaliser.

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  3. Très joli texte Sana et profondément juste. L’empathie c’est une valeur cardinale pour moi. Etre à l’écoute, sourire, aider, mesurer les difficultés des êtres à vivre, à survivre pour certains d’entre eux. Je pense vraiment que nous avons tous et toutes une petite ou une grande « chose » à réaliser au delà de la satisfaction de nos besoins primaires. Je crois beaucoup au destin. Les coïncidences, les hasards, c’est étonnant quand on y réfléchit. J’aime toujours autant venir cheminer ici sur ton blog. Merci Sana ! Bises de Bretagne 🙂 🙂

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  4. Il faut parfois beaucoup de temps pour trouver son chemin de vie qui n’est rien d’autre que la connaissance de soi-même. Il est clair que notre système d’éducation n’aide pas à trouver ce qui nous fait vibrer, au contraire. Tout est fait pour étouffer ce qui ne rentre pas dans le moule.

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  5. Joli texte qui effectivement invite à se poser des questions. Merci Sana. Je pense même que c’est primordiale pour soi de trouver « son terrain d’utilité publique ». Je remarque que beaucoup de personnes autour de moi sont révoltées par certains sujets, finissant par sortir des phrases vraiment extrémistes ; leur santé mentale et physique en pâtit. Mon avis est qu’elles devraient mettre de l’énergie dans le combat, dans la défense des sujets qui leur tiennent tant à cœur. Ce serait beaucoup plus enrichissant que de se concentrer sur les erreurs des autres et en devenir haineux. Un corps et un cerveau qui se fatiguent d’une bonne fatigue ne peut qu’aller mieux, on retrouve sa place, on devient plus serein. D’ailleurs, je peux le dire, avant mon blog j’avais un trop plein d’énergie et d’imagination, je me sentais incomprise par les autres sur les notions environnement. Maintenant, l’énergie est mieux canalisée, je pense que cela me donne l’impression de remplir une mission. J’ai aussi de l’empathie, chose que je ne vis pas tellement comme une qualité mais une caractéristique intéressante pour les autres. Mais si tu dis que ça fait partie d’une mission alors je la mets avec le reste ^^ des bises 🙂

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    1. Coucou. Je suis très heureuse de te lire. Je suis ravie de savoir que nous nous rejoignons sur bien des considérations…Et heureusement aussi que notre énergie peut être diffusée au travers de nos blogs. C’est chouette. Je t’embrasse. N’hésite pas à partager sur les réseaux ou autre..je me suis fixée 1000 âmes touchées par le blog pour le 25/12/2017. Un peu ambitieux non? Bonne soirée

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  6. Merci à toi pour tes commentaires toujours adorables ! 1000 âmes est un vrai enjeu, oui ! Dans la mesure où tu prêches de belles pensés je ne peux que t’encourager. Je vais même envoyer à plusieurs de mes proches tes articles ^^ Cependant, avec ma recherche de simplicité, et du « toujours moins toujours mieux », je me dis que si pour Noël tu n’as pas tes 1000 personnes requises, tu auras peut-être et c’est d’autant mieux, un nombre de lecteurs plus restreint mais plus actifs, plus convaincu par tes propos. Et puis, les mille, tu les auras, c’est juste une question de temps ^^ Je te les souhaite rapidement vu que c’est un de tes objectifs ! bisous

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      1. Les nombres indiquent aussi des choses, ce n’est pas un but inutile 🙂 hihi, non non, tu n’es pas bête ^^ Et puis, d’ailleurs cette expression tout à fait anodine et qu’on utilise tous me fait penser à un petit tournant dans ma vie. Ne le vois pas du tout comme de la moral, c’est juste un peu de mavie.com 🙂 La dernière fois que j’ai dit « je suis bête », j’étais à mon travail et j’ai fait une erreur sans importance pour des clients. Un peu énervée contre moi, je dis à moi-même tout haut : « oh, je suis bête ! » de façon toute naturelle. Et là, je m’en souviendrai toujours : l’une des clientes m’a regardé avec un regard d’institutrice sévère et m’a dit « Oh, non, ne dites pas ça ! On n’est jamais bête ! » Je me suis sentie toute penaude et lui ai donné raison. J’ai réfléchi pendant 3 jours à tout ça (en fait j’y pense encore !) et j’ai réalisé que juste le fait de formuler cette phrase n’avait rien de positif pour moi. Et je crois bien qu’en fait à chaque difficulté je me disais des choses de ce genre 😉 Bref, donc maintenant en cas d’erreur, je remets toute la responsabilité sur cette fichue photocopieuse qui marche mal, si ce n’est sur mes collègues incompétents ! 😀 Je plaisante évidemment pour la fin^^ Des bises !

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  7. Ping : Le jour où j’ai cessé de me travestir – Les secrets pour rayonner

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