Pack maison – mari – 2 enfants

En cette belle soirée estivale, j’avais opté pour une visite chez ma meilleure amie. Arrêtée au feu, accoudée au volant, je regardais fixement une belle demeure en attendant que le feu passe au vert. maison_7_pieces_pau_7730013486150123205.jpg

Les cris de deux bambins de 5, ou 6 ans, dans le jardin se chamaillant, et s’arrosant, m’extirpèrent de ma douce rêverie. J’aperçu leur maman sur la terrasse, leur courant après. Quant au papa, il semblait astiquer une jolie Harley.harley.jpgSoudain, un klaxon me fit prendre conscience qu’il me fallait quitter le point mort.

Cette image de bonheur idyllique dont tout le monde s’accorde à penser qu’il constitue le graal, ne me quitta pas. J’en fus ramenée à mon jugement sur cet état de fait.

Je me suis alors demandé si nous devions tous courir vers ce que j’appelle le pack maison – mari – chien – deux enfants ?

Je me demande souvent si nous tendons vers quelque chose de préétabli ou si au contraire nous avons la pleine liberté d’agir ? J’ai comme le sentiment, que nous avons beau penser être libre, nous avons beau nous éloigner de la matrice, nous évoluons en son intérieur, comme happés par des aimants. J’ai l’impression que ces forces supranaturelles, que sont nos éducations, le modèle sociétal, les injonctions de notre milieu, concourent à nous enfermer dans de vieux schémas traditionnels en dépit de notre volonté de nous dessiner un autre dessein.

Et la sociologie de Pierre Bourdieu illustre bien cette part de déterminisme. Nos actes, notre destin social sont en partie influencés par notre héritage. Aussi, empruntée notamment à Aristote et à Saint Thomas d’Aquin, la notion d’habitus occupe une place centrale dans la sociologie de Pierre Bourdieu. La plus célèbre des définitions de l’habitus se trouve dans Le Sens pratique où les habitus sont décrits comme des « systèmes de dispositions durables et transposables, structures structurées prédisposées à fonctionner comme structures structurantes. » En effet, les habitus relèvent de schèmes de perception (manières de percevoir le monde), d’appréciation (manières de le juger) et d’action (manières de s’y comporter) hérités puis mis en œuvre par les individus.

Tout cela me porte à croire que notre liberté a ses limites. Car il existe, dans l’inconscient général, des modèles préétablis de réussite qu’on estime relever de la norme : l’entreprenariat, le couple, le mariage, …

Alors voilà, ces quelques mots comme une question ouverte : sommes-nous libres ?

Sana.

Tous droits réservés.

 

 

 

 

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19 réflexions sur “Pack maison – mari – 2 enfants

  1. Bonjour
    Nous restons tout de même toujours libre de nos choix ! Bien sur beaucoup de choses ( pas uniquement les publicités ) essaient, tendent à nous influencer, mais personne ne peux nous conditionner, influencer . A chacun de choisir ( et ceci dans beaucoup de domaines ) : Ou bêler avec le troupeau ou rester  » à l’écart  » revendiquer sa différence …..
    çà n’a qu’un rapport lointain avec ce billet , mais , en 1980 , j’ai divorcé , nous avions un bébé de 6 mois …..La  » coutume » était de donner la garde du bébé à la mère , mais je n’ai pas suivi ces règles : J’ai réclamé et obtenu la garde de mon fils à la grande surprise de la juge , entre autre…
    Il en est de même pour la mode vestimentaire ou autre : A 61 ans j’ai toujours les cheveux longs par exemple ( certains disent que  » çà craint  » , mais c’est cette réaction qui me plait : Je ne VEUX pas être comme tout le monde …..
    Merci pour ce billet intéressant .
    Francis

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  2. Tous veulent être libres, ou croient l’être. En réalité, on cherche à modeler les gens dès leur plus jeune âge, selon ce qui doit être fait et ce qu’ils doivent faire et nos gouvernements nous disent quoi faire, quoi penser, quoi payer et nous interdisent ceci ou cela. Ils décident sans nous consulter et imposent des lois et obligations selon leur bon vouloir et non le nôtre. Les obligations nous sollicitent sous peine de tout perdre et alors on doit faire notre vie avec ces contraintes. Heureux(ses) ceux et celles qui font ce qu’elles ont envie de faire peu importe l’influence des autres ou de la société et qui réussissent à le faire.
    Amitiés

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  3. Hello, intéressante ta divagation, je vais juste un peu compléter ^^ Pour moi, vu ce qui se passe dans le monde on ne peut pas dire qu’en France on ne soit pas libre. La liberté totale serait dans un laboratoire où on fait le vide, sans personne, puisque de toute façon, nos libertés s’arrêtent là où commencent celles des autres ^^ Et comme l’Humain vit et est heureux (ou est sain mentalement) qu’avec ses congénères, on est bien un peu obligé de sacrifier quelques libertés. Je dirais par contre qu’on vit dans un monde qui nous influence, ça ok. Mais dire que les médias et pub nous privent de liberté je trouve que c’est aller trop loin, voir leur donner trop de pouvoir. C’est nous-même qui choisissons librement de faire comme dans « le manuel » ou d’acheter le dernier truc à la mode. Je ne dis pas que c’est dur de tenir à ces influences mais on ne vit pas dans un pays où on est condamné à mort pour avoir pensé « autrement ». Quand à ce pack mari-2 enfants, si cela peut te rassurer, on peut y être allergique et c’est mon cas. Rien que d’imaginer la voix aiguës des enfants, le côté hyper matérialiste (je présume) du mec avec sa moto et la mère qui doit se dire « je suis une femme accomplie maintenant que je suis une maman comme on me l’a toujours fait comprendre », la trop grande maison…Cela représente pour moi, à l’heure d’aujourd’hui le parfait cauchemar. On peut très bien être heureux et satisfait de sa vie à 60 ans célibataire sans enfant. C’est d’ailleurs exactement le récit d’un senior de 96 ans dont je raconte la rencontre sur mon blog https://toujoursmoinstoujoursmieux.com/2016/03/17/lhomme-qui-avait-loupe-le-bus-de-la-senilite/. Même si on peut aussi être heureux en famille, chacun doit trouver à être en accord avec soi avant tout. On n’est pas plus heureux ni plus en accord avec soi parce qu’on a un conjoint, fabriqué d’autres humains ou acheté une maison 🙂 dans ce sens là, je pense être assez libre pensante.

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    1. Je n’ai pas dit que les médias nous privaient de liberté. D’ailleurs, ils participent largement à modeler une certaine forme de pensée unique. Je dis juste que notre liberté est relative. En témoigne notamment les innovations technologiques visant à surveiller, les lois, ou état d’urgence..Il existe entre autre des modèles de réussite, du moins, présentés comme tels. «Il a monté sa boîte, il a réussi» ; «Elle a une belle maison, deux beaux enfants..»..Et celles, et ceux qui en dévient sont plus ou moins montrés du doigt. Et cela est une réalité.

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  4. Oui on est tout à fait d’accord dans le fond Sana 🙂 Je discute juste de mon point de vue car je n’ai pas la même définition des mots (et je ne dis pas que j’ai raison d’ailleurs ^^)…Sortir du moule fait qu’on est montré du doigt et même qu’on a moins d’avantage (exemple typique du célibataire) mais je ne trouve pas que ce soit une vraie entrave à la liberté, même si c’est désagréable, on le fait, on peut même s’assumer ainsi et arriver à être plus qu’accepté, voir admiré ? (ex: Mathieu Ricard). Voilà, c’est juste qu’on a pas la même définition du mot liberté.
    Je fixe ma valeur étalon de liberté sur les endroits du monde où on en a le plus. C’est assez terre à terre et moins philosophique que ta définition. Mais je la partage car je la trouve plus positive et « juste » par rapport aux pays où les libertés sont quasi absentes. Sinon, on peut considérer la liberté comme un idéal à atteindre qu’on tend à trouver mais qu’on atteint jamais sur Terre (donc liberté relative dans les pays les plus chanceux). C’est juste une question de point de vue et d’échelle. L’une et l’autre façon de penser le mot « liberté » a ses raisons d’être. Je pense juste qu’en France, on est influencé et non pas dans un contexte de liberté relative. Des bises, partageuse de philo 🙂

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  5. Bonjour Sana,

    Je pense que plus on est sensible à l’opinion d’autrui, plus on a tendance à adopter ces modèles proposés par le plus grand nombre que ce soit en affaires, en amour ou dans n’importe quelle sphère de nos sociétés. En même temps, puisque ces modèles ont été reproduits encore et encore par des millions de gens, on a aussi pu en mesurer l’efficacité. Ils sont garants d’un certain résultat, comme le sont les diplômes d’un candidat lors d’un entretien d’embauche, mais il y a aussi largement place à l’erreur, parce qu’ils ne tiennent pas compte de la personnalité, des valeurs et des croyances de chacun.

    Le bonheur idyllique pourrait prendre différentes formes selon les valeurs de chacun:

    1. Celui présenté dans ton billet
    2. La maman astique sa Harley pendant que papa joue avec les enfants
    3. Papa et maman astiquent leur Harley pendant que la gardienne s’occupe des enfants
    4. Papa et maman jouent ensemble avec les enfants
    5. Ils n’ont pas d’enfant et sont partis tous les deux faire une virée avec chacun leur Harley et un groupe d’amis.

    Bref, il existe finalement bien des modèles possibles. 😉

    Aimé par 1 personne

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