Le moment parfait

Un peu comme un sprinter qui attend que sonne le début de la course, j’ai toujours été de celles et ceux qui attendent le bon moment, le meilleur moment, le parfait moment pour foncer. Un peu comme si tous les éléments n’étaient pas réunis, alors, probablement cela était un signe de la Providence, sans doute cela signifiait-il qu’il fallait remettre aux calendes grecques mon action, ma décision.

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Petite, j’adorais certes sauter dans les flaques d’eau, mais j’attendais derrière la fenêtre de voir un arc en ciel pour pouvoir aller jouer dehors avec mes copines.

arc en ciel

Plus tard, à l’âge des premières décisions de jeune adulte, j’attendais le bon moment pour annoncer les choses. Pas trop tôt pour ne pas mettre en péril l’équilibre de mon quotidien, pas trop tard pour ne pas froisser mon entourage. J’analysais les humeurs, états d’âmes avant de me lancer.

Stage, job, déménagement, séparation…toutes mes décisions devaient se prendre et s’annoncer à l’intérieur d’une matrice où tout était planifié, maitrisé. Je n’ai su aller à l’arrache à un examen, un oral, un concours. Il me fallait une sorte d’aval mental reposant sur la préparation et vérification minutieuse de tous les éléments :

  • mon matériel,
  • mon mental,
  • mes fiches de révision,
  • ma tenue,
  • et ma montre..pour maitriser le temps..

Là encore, lors d’un oral, j’intervenais à point. Pas la seconde où mon interlocuteur rompait le contact visuel avec moi, pas la minute durant laquelle il me questionnait..

Héritage des dessins animés hollywoodiens dans lesquels la princesse est sauvée au bon moment par son prince, dommage collatéral du perfectionnisme, ou stigmate de notre société contemporaine dans laquelle l’injonction à la maitrise du temps est une valeur forte, j’ai jusqu’alors rarement été partisane du «  on verra bien ». Se lancer sans que tous les éléments ne soient réunis, analysés, équivalait à de la hâtise, ou constituait une menace pour la suite.

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Plus tard, j’apprenais à mes dépens, qu’en fait, il n’y avait pas de meilleur moment, pas de moment parfait. La perfection n’étant ni en l’être humain, ni en le temps qui défile à une vitesse vertigineuse. Croire, ou attendre que les conjonctions, les contingences de notre quotidien s’inscrivent tous dans une dynamique puissamment favorable, attendre que les éléments livrent leur plus haut potentiel est le meilleur moyen de paralyser les vibrations créatives. Celles qui ne demandent qu’à se libérer. Si on les enferme dans les pièges du « moment parfait », elles ne libèrent pas toute leur énergie.

En lâchant prise, les liens se défont. En voulant tout apprivoiser, on créée des tensions, on paralyse les vibrations créatives.

« Ce n’est pas le moment », « ce n’est pas à l’ordre du jour », «  j’attends le bon moment »… : aujourd’hui, quand me parviennent ces mots à l’oreille, je ne les conçois plus pareil…

Le meilleur moment est différent d’une personne à l’autre. Car, nous avons tous nos propres codes, standards, envies, ou ambitions. Certains se lancent sans cap, d’autres planifient minutieusement leurs projets. Certaines laissent opérer la magie de la nature pour enfanter quand d’autres mettent toutes leurs chances de leur côté. D’aucuns rêvent d’une rencontre fortuite. D’autres essaient de bousculer le destin. Nul n’a tort. Nul n’a raison.

En fait, il n’y a pas de bon moment pour aimer, pas de meilleur moment pour se lancer, pas de moment parfait pour avancer. Il n’y a que des moments. Des moments brefs, des moments précieux, des moments qui ne repasseront plus.

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Cueillons-les et n’attendons pas le meilleur d’entre eux.

Il ne passera jamais,

Sana.

Tous droits réservés.

 

The perfect moment

A bit like a sprinter waiting for that sounds the start of the race, I was always for those who are waiting for the right time, the best time, the perfect time to go. As if all the elements were not together, then, probably it was a sign of Providence, probably that meant put back indefinitely my action, my decision.

Small, I loved certainly jump in puddles, but I was waiting for the window to see a rainbow to be able to go outside and play with my girlfriends. Later, at the age of the first decisions of young adult, I was waiting for the right time to announce things. Not too early to not jeopardize the balance of my daily life, not too late to not offend my entourage. I analyzed the mood, State of mind before started me.

Internship, job, moving, separation… all my decisions were to take and announce within a matrix where everything was planned, master. I could go to tear it off to an exam, an oral, a contest. Needed me some sort of mental downstream based on the preparation and scrutiny of all elements:

–          my hardware,

–          my mind,

–          my review sheets,

–          my outfit,

–          and my watch… to master the time…

Here again, in an oral, I acted to point. Not the second where my interlocutor broke eye contact with me, not the minute during which he questioned me…

Legacy of Hollywood cartoons in which the Princess is saved at the right time by her prince, collateral damage of perfectionism, or stigma of our contemporary society in which the injunction to the control of time is a strong value, I have rarely been partisan of the « we’ll see. »

Later, I learned at my expense, that actually, there no better time, no perfect time. Perfection is in the human being, or the time scrolling at breakneck speed. Believe it, or wait that the conjunctions, the contingencies of everyday fit all in a powerfully positive dynamics, expect elements to deliver their full potential is the best way to cripple the creative vibrations. Those who want to break free. If you lock them in the pitfalls of the ‘perfect time’, they don’t release all of their power.

By letting go of taken, the links come apart. In trying to tame it, we created tensions, it paralyzes creative vibration.

« This is not the time », ‘this is not the order of the day’, « waiting for the right time »…: today, when come to me these words in her ear, I can’t imagine them more like this…

The best time is different from one person to another. Because we have all our own codes, standards, desires or ambitions. Some start without cap, others are carefully planning their projects. Some leave work the magic of nature to give birth when others put their odds in their favour. Of some dream of a chance encounter. Others are trying to rush the fate. No one is wrong. No one is right.

In fact, there no good time for love, no better time to start, no perfect time to move forward. There are only moments. Brief moments, precious moments, moments that repasseront more.

Collect them and expect the best of them.

Don’t wait for the perfect moment,

Take it and make it perfect,

 

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9 réflexions sur “Le moment parfait

  1. An Tony'M

    Coucou ma petite Sana,
    Dieu que j’aime te lire, à ce propos, j’ai repris mon second manuscrit avec enthousiasme…
    Tu me tiens au courant concernant ton manuscrit, j’espére que de nouvelles idées t’accompagnent…
    Très jolie la brunette sur ton avatar…LOL, c’est toi ?
    Bon je cesse mes plaisanteries, donne-moi des news STP
    Bises.
    Tony

    Aimé par 1 personne

  2. Je me reconnais beaucoup dans ce que tu écris, dans cette recherche du moment parfait, de la solution parfaite, des bons mots dit quand il se doit, des actions posées au bon moment. Plus d’une fois, après coup, je ne suis dit: « Ahh, j’aurais donc dû dire ceci ou faire cela ». Certains vont se lancer sans avoir pris le temps de vérifier leur parachute, parce qu’ils ont confiance en la vie et parce qu’ils ont confiance en leur capacité à trouver une solution à l’instant où ils feront face à un problème. Chez ces personnes, généralement extraverties, la première solution qui leur vient en tête est souvent la meilleure et c’est aussi ce qu’ils croient fondamentalement parce cette approche leur a donné raison plus d’une fois. Chez d’autres, particulièrement chez les introvertis, la solution n’apparait généralement pas dans l’action mais dans la réflexion. Ça se passe d’abord à l’intérieur et quand on est agité ou dans l’action, les ressources ne sont pas canalisées suffisamment vers soi pour qu’on puisse être à son plein potentiel. On ne se sent alors forcément pas à son meilleur dans les réponses spontanées. Aussi, on planifie, on imagine toutes les situations possibles pour réfléchir à la meilleure approche à adopter si elles se produisent. Ainsi, chacun selon sa personnalité développera davantage sa capacité à prendre rapidement des décisions ou sa capacité à analyser, comprendre et démontrer pourquoi il est préférable de prendre telle décision plutôt qu’une autre. Mais l’un comme l’autre, malgré leur différences ont besoin de collaborer pour arriver à l’équilibre parfait, d’abord pour ne pas s’écraser au sol parce que le parachute ne se sera pas ouvert ou pour avoir tant tardé à tout vérifier que l’avion sera revenu au sol quand on sera enfin prêt à sauter.

    Aimé par 1 personne

  3. Bonjour et merci Sana pour nous rappeler qu’il ne sert à rien d’attendre… D’attendre on ne sait quel bon moment… pour agir, se fixer des objectifs et les atteindre. C’est là, maintenant ! Demain, il sera peut-être trop tard.
    Valérie

    Aimé par 1 personne

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