Guérir le monde

Je suis une optimiste, une rêveuse, une candide, une révoltée, une douce, une empathique, une énergique…Et lorsque l’on me demande quel est mon rêve ? Je réponds souvent que mon rêve est celui d’un monde meilleur. Un monde plus équitable. Un monde plus altruiste. Mais je vois toujours dans les regards de mes pairs, à l’écoute de ma réponse, cette pointe de dédain qui sous entend : « ouais bon, tu peux toujours rêver.. ».

Pourtant, je suis persuadée que la révolution de chacun peut contribuer à celle du monde. Je suis persuadée que si chacun d’entre nous luttait contre ses propres démons, adoptait d’autres valeurs que la seule réussite matérielle, nous pourrions allégrement transcender la crise de notre monde contemporain.

C’est d’ailleurs le propose de Fréderic Lenoir dans son dernier ouvrage « La Guérison du monde ».

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Fréderic Lenoir

 

Voici le résumé du livre :

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« Ce début de XXIe siècle est traversé par une telle succession de crises écologique, économique et politique qu’il voir refleurir le vieux mythe de la fin des temps. Nous nous trouvons confrontés aujourd’hui à au moins dix bouleversements inédits dans notre histoire. Pour trouver une mutation similaire, il faut remonter non pas à la Renaissance, ni à la fin de l’Empire romain, mais au tournant du néolithique, lorsque, il y a plus de dix mille ans, les groupes humains abandonnèrent le mode de vie nomade pour se sédentariser. On assista alors à un changement radical du rapport de l’homme à lui-même et au monde, dont nous sommes les ultimes héritiers. Aujourd’hui, ce n est pas la fin du monde que nous connaissons, mais la fin d’un monde, celui fondé sur la prééminence du cerveau rationnel et logique par rapport au cerveau émotionnel et intuitif, sur l’exploitation mercantile de la nature, sur la domination du masculin sur le féminin. Frédéric Lenoir montre ici que la guérison est possible. Illustrant les impasses de la fuite en avant (le progrès à tout-va) comme celles du retour en arrière (démondialisation, écologie radicale, intégrismes religieux), il exprime sa conviction que l’humanité peut dépasser cette crise planétaire par une profonde transformation de nos modes de vie et de pensée : rééquilibrage du masculin et du féminin, passage de la logique du « toujours plus » à celle de la « sobriété heureuse », de l’égoïsme à la communion, de l’état de spectateur passif à celui d’acteur responsable… Au-delà des rafistolages provisoires d’une pensée et d’un système à bout de souffle, une immense révolution est en marche : celle de la conscience humaine. »

Il nous propose de transcender la crise par l’adoption d’autres valeurs que la réussite matérielle.

« Une fois ces deux grandes questions philosophiques explicitées, celle des valeurs et celle de la vision du monde, se pose encore la question de l’instance de la guérison de celui-ci. A quel niveau agir pour que le monde change ? Est-ce par le biais des États nations, de l’ONU, des ONG, des individus eux-mêmes, que doit s’opérer la transformation nécessaire ? La réponse se situe évidemment à plusieurs niveaux.

Mais je suis convaincu que c’est l’individu – chaque individu, vous, moi – qui détient aujourd’hui la principale clé de la résolution des problèmes.

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La révolution intérieure
Nous avons vu que la modernité occidentale a mis l’individu au centre et au-dessus de tout. Tandis que les sociétés traditionnelles insèrent les individus dans un moule de normes et de représentations collectives, nos sociétés modernes les en libèrent et sont entièrement axées sur la satisfaction des besoins et désirs des individus. Depuis la fin du XVIIIe siècle et jusqu’au milieu du XXe, le principal objectif a été d’offrir aux individus des droits fondamentaux pour leur permettre de vivre dans la dignité. Cela a été l’avènement de la démocratie et des droits de l’homme, la fin de l’esclavage et des ségrégations sociales, l’accès gratuit aux soins et à l’éducation, le droit au travail et le syndicalisme, l’émancipation progressive de la femme, etc. De nombreux progrès sont encore à accomplir dans ces domaines et l’on déplore parfois de spectaculaires retours en arrière – que l’on songe aux idéologies totalitaires du XXe siècle, aux dictatures militaires latino-américaines ou, plus récemment et dans une bien moindre mesure, à l’Amérique réactionnaire de George W. Bush – mais cela reste un objectif permanent des sociétés modernes.

A cet objectif qualitatif, d’émancipation de l’individu et de progrès social, s’est articulé un second objectif, plus quantitatif : l’amélioration du confort matériel et l’accroissement de la richesse. Alors que l’amélioration des conditions de vie et ce qu’on pourrait appeler les « bases du confort moderne » (avoir un toit, une voiture, divers appareils ménagers) étaient atteints dès les années 1960 en Occident, l’idéologie consumériste s’est développée et l’on est entré dans l’ère du « toujours plus », bien décrit par François de Closets. L’individu occidental est devenu un perpétuel insatisfait qui aspire à toujours gagner plus d’argent, à posséder davantage d’objets et à en changer sans cesse. La société de consommation est ainsi entièrement fondée sur cette idéologie pernicieuse qui fait croire aux individus que leur épanouissement passe exclusivement par l’« avoir ». Bien des maux actuels, dénoncés dans la première partie de cet ouvrage, sont issus de cette quête sans fin du profit, de la course à la possession. Tant que nous resterons dans cette logique du « toujours plus », et que cette logique continuera à se répandre à travers la planète, rien ne pourra changer, et notre monde poursuivra sa marche aveugle vers de multiples catastrophes absolument prévisibles.

Je viens d’évoquer la question des valeurs et celle de la vision du monde. Il est bien évident que la guérison de celui-ci passera par l’adoption d’autres valeurs que celles du profit et de la réussite matérielle, et par le dépassement de la vision mécaniste qui prévaut encore dans les esprits. Mais ce sont précisément ces esprits qu’il convient de changer. Or, si des discussions interculturelles à divers niveaux (instances internationales, ONG, associations religieuses et philosophiques, etc.) sont incontestablement utiles et fécondes, c’est au bout du compte à chacun de nous d’opérer cette conversion spirituelle, doublée d’un changement de mode de vie. C’est précisément parce que la modernité a mis l’individu au centre du dispositif que le monde ne pourra changer que lorsque les individus eux-mêmes changeront. (…).

Voilà qui me semble d’une limpide évidence : c’est quand la pensée, le cœur, les attitudes de la majorité auront changé que le monde changera. Ce constat va bien au-delà des réponses techniques, du savoir intellectuel ou scientifique qui peuvent ponctuellement résoudre l’un ou l’autre des problèmes que nous affrontons, mais qui ne peuvent suffire à mener à la guérison globale et en profondeur de nos maux.

La solution doit venir de chacun de nous, appelé à un travail sur soi, à une conversion du regard, à un changement de mode de vie. C’est la somme des nouvelles individualités qui créera une collectivité nouvelle. Il s’agit donc, pour chacun, d’examiner ce qui, en lui et dans sa vie, contribue à empoisonner le monde, de revoir ce qui, dans sa manière d’être ou de vivre, concourt aux dysfonctionnements et aux malheurs du monde. »

A bientôt.

Sana.

 

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22 réflexions sur “Guérir le monde

  1. Alain DELIBIE

     » il y a plus de dix mille ans, les groupes humains abandonnèrent le mode de vie nomade pour se sédentariser. » Oui, sauf qu’il y a juste quelques centaines d’années qu’une partie de l’humanité a envahi des territoires où vivaient des populations nomades et les ont massacrées pour s’en emparer, on appelle aujourd’hui cette terre les Etats-Unis, à peine plus d’une centaine d’années que nous sommes allés imposer des frontières, piller leurs richesses, imposer nos religions et traiter ces populations en esclaves pour notre « progrès », j’ai nommé l’Afrique. Il faudra encore des siècles pour que « l’homme » sorte de sa barbarie, et encore s’il y arrive. Ma seule religion est « la loi des grands équilibres ». L’homme ne réagit que lorsqu’il y est OBLIGE, au pied du mur, face à la catastrophe. Pour l’instant il est dans le déni, tant qu’une partie de l’humanité privilégiera son confort au détriment de l’autre ça continuera encore longtemps. Hélas.

    Aimé par 4 people

      1. Alain DELIBIE

        Chacun dans son petit coin, oui, des petites choses, aller travailler à pied, ne plus faire ses achats au super marché, se laver moins, se maquiller avec les crèmes de grand-mères et plein d’autres trucs du genre pendant que la Chine continuera de polluer à mort parcequ’ en pleine expansion économique, les Américains continuerons de consommer 500 litres d’eau par jour et par personne, les Hindous et tout le continent Asiatique continuerons de faire rouler leurs mobylettes, les Allemands leurs centrales à charbon, nous nos locomotives diesel. As tu vu la tête des Parisiens lorsqu’on leur demande de rouler moins alors même que leurs propres enfants sont empoisonnés journellement ?
        Changer comment ? par la spiritualité, la pensée, le coeur ? Bon, d’accord, je veux bien. On commence tous demain.
        Et puis tiens, pendant que j’y pense : faudra aussi demander à toutes les blogueuses de mode d’arrêter de promouvoir tous les produits farcis de perturbateurs de toutes sortes qui font qu’un jour les humains n’assureront même plus leur descendance.
        Allez, je te fais une grosse bise. (une vraie, pas une de bisounours).

        Aimé par 3 people

  2. J’adore Lenoir et j’adhère à tout ce que j’ai lu et entendu de lui et tu as cité ma phrase favorite, qui me motive le plus (celle de de Gandhi ). Je suis d’accord sur toute la ligne, au point où je me demande si c’est réel que beaucoup de personnes ne pense jamais à tout ce que tu as si bien écrit…Mais en fait, il faut croire que si…Cela va sûrement se généraliser, ne nous inquiétons pas !

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    1. Oui, restons optimiste! Si chacun fait un peu, c’est la vie qui gagne! ( on dirait un slogan non ? :)) . Je ne te l’ai jamais dit mais j’adore ton pseudo : ce « less is more » veut tellement dire de choses pour moi ( et bien au-delà de la simple notion de make up hi hi hi )..Une sorte de bel équilibre..

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  3. Oh, merci Sana ❤ Décidément, on a pas mal de points communs. On avait choisi la même bannière pour le blog avec la petite marguerite vu d'en dessous 😉 Soutenons-nous dans " l'optimist attitude" …que les autres aiment appeler Bisounours pour pas avoir à se changer eux-même ! A bientôt…vers un monde encore un peu meilleur hihi

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  4. Bonsoir Sana,
    Je suis d’accord avec toi sur le principe, chacun doit essayer de faire quelque chose pour améliorer le monde. Mais une grande partie de la population ne peut même pas atteindre le premier niveau de la pyramide de Maslow. Comment leur reprocher à eux de ne penser qu’à leur réussite matérielle ? Ensuite, parmi ceux qui ont la chance de pouvoir se nourrir, boire, dormir, être en sécurité combien se sentent concernés par la guérison du monde ?
    J’ai bien peur qu’il ne reste pas énormément de combattants.
    Ceci ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire. Après c’est une question de conscience personnelle.
    A bientôt

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    1. Alain DELIBIE

      Maslow n’intégrait pas qu’au premier niveau on puisse avoir envie de procréer. Pourtant pour beaucoup de populations c’est la préoccupation Number One. Quitte à ce qu’ils n’aient pas suffisamment de ressources pour nourrir leurs enfants. Ils sacrifient par conséquent leurs terres pour cultiver des produits avec lesquels nous empoisonnons les nôtres au petit déjeuner (huile de palme, Nutella et autre) La pyramide de Maslow est aujourd’hui contestée car elle possède malgré tout de nombreuses limites qui ont conduit à sa réfutation presque totale :

      – Ce modèle ne prend en compte qu’une population occidentale et instruite. Dans d’autres modèles de sociétés, ce modèle peut ne pas être valide. Il s’agit de se questionner sur la légitimité du modèle en prenant en compte le contexte social de la population ou de l’individu.
      Vivre mieux en veillant à ce que l’on achète, avoir une attitude correcte dans son mode de vie, d’accord, mais croire qu’à l’échelon individuel on va changer le monde il y a une sacré marge…..

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  5. Je ne reproche à personne de favoriser la réussite matérielle. Nous avons tous pleinement le droit de réussir matériellement parlant. Quant à ceux qui ne se sentent pas concernés par la guérison du monde dans lequel ils évoluent : ils sont tout à fait libre également. En fait, ces choix sont personnels. Ce sont des choix de conscience. Nous sommes libres. Et responsables également.

    Aimé par 1 personne

  6. Je souris ce matin car j’ai exactement la même pensée, je rêve d’un monde meilleur où chacun aurait sa place sans devoir se battre pour cela. Un monde de bonté ou l’argent et le pouvoir ne détruiraient pas tout. Comme vous, je pense, que nous pouvons tous agir, ce sont ces petits gestes qui permettront que notre société, notre planète, retrouveront leurs équilibres 😉
    🙂

    Aimé par 1 personne

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